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Ayrault au chevet de l'économie bretonne

Des salariés bretons en colère ont bloqué l'aéroport de Brest, le 14 octobre dernier.

Des salariés bretons en colère ont bloqué l'aéroport de Brest, le 14 octobre dernier. - -

Le Premier ministre va présider une réunion d'urgence, mercredi 16 octobre à Matignon, afin de trouver une solution au problème breton. Le secteur de l'agroalimentaire est en effet sinistré dans la région, ce qui menace un tiers des emplois.

C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et, cette fois, le climat n’y est pour rien. L’annonce de la suppression de près de 900 emplois au sein des abattoirs Gad, vendredi 11 octobre, a plongé la Bretagne toute entière dans une colère noire. Notamment car la longue liste d'entreprises agroalimentaires visées ces derniers mois par des plans sociaux ne cesse de s’allonger.

Une situation particulièrement dramatique, puisque l'agroalimentaire représente pas moins d'un tiers des emplois de la région. Après de spectaculaires manifestations lundi à Brest et Morlaix (Finistère) pour défendre ce secteur en détresse, une nouvelle journée de mobilisation est prévue, ce mercredi 16 octobre.

Six ministres mobilisés

Le gouvernement, de son côté, a bien saisi l’urgence. Une réunion de crise, présidée par Jean-Marc Ayrault, se tiendra ainsi à Matignon en fin de matinée.

Six ministres - Stéphane Le Foll (Agriculture), Guillaume Garot (Agroalimentaire), Michel Sapin (Travail), Arnaud Montebourg (Redressement productif), ainsi que les "Bretons" Jean-Yves Le Drian (Défense) et Marylise Lebranchu (Réforme territoriale) - seront présents à l'issue du Conseil des ministres pour tenter de trouver des solutions.

Inquiétude pour les prochaines échéances électorales

Mais si l’inquiétude gagne le sommet de l’Etat, ce n’est pas seulement par empathie vis-à-vis des bretons mécontents. Car au-delà des enjeux économiques et sociaux, l’exécutif s'inquiète des conséquences électorales de la situation.

Sans en être un véritable fief, la Bretagne est une région plutôt acquise à la cause socialiste. Et cette région traditionnellement rétive au vote extrémiste et plutôt européenne pourrait évoluer l'année prochaine. Ce qui tombe plutôt mal, à l’heure où les sondages prévoient une percée du Front national aux prochaines élections...européennes.

Un plan comme en Lorraine?

Si les solutions ne sont pas légion, le gouvernement pourrait tout de même tenter d’élaborer un plan similaire à celui de la Lorraine, présenté à Florange par François Hollande en septembre dernier.

"Lorsque les régions connaissent des difficultés particulières, le gouvernement agit davantage (...) Eh bien, nous sommes prêts à faire la même chose pour la Bretagne que nous faisons pour la Lorraine", avait ainsi assuré le 2 octobre Jean-Marc Ayrault, à l'Assemblée nationale.

Reste à savoir si cela suffira à contenir l’exaspération ambiante, et éviter au gouvernement de prendre définitivement l’eau.

Yann Duvert