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Aucune offre pour la reprise d'Heuliez

Placée en redressement judiciaire, l'entreprise Heuliez n'a pas trouvé de repreneur.

Placée en redressement judiciaire, l'entreprise Heuliez n'a pas trouvé de repreneur. - -

Le tribunal de commerce de Niort se dirigerait vers une liquidation de l'entreprise avec poursuite de l'activité pendant un mois, ont indiqué les syndicats ce lundi 23 septembre. Les salariés seront fixés sur leur sort le 30 septembre prochain.

Enorme coup dur pour les salariés d'Heuliez. Le tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) a constaté, lundi 23 septembre, l'absence d'offre de reprise pour l'équipementier, selon des sources syndicales jointes par l'agence Reuters. Il s'est donné jusqu'au 30 septembre pour fixer le sort de l'entreprise et de ses salariés.

Plus tôt dans la journée, Arnaud Montebourg avait annoncé qu'une offre émanant du groupe industriel Cosmos avait été déposée sous conditions. Ce dernier réclamait l'assurance de décrocher des marchés de pièces de rechange auprès de constructeurs européens (Volkswagen notamment). Finalement, Cosmos a donc renoncé à s'engager.

Seule la création d'une société d'économie mixte (Sem) proposée par la région Poitou-Charentes présidée par Ségolène Royal, pourrait désormais sauver l'entreprise de la liquidation.

Le projet de Ségolène Royal, dernier choix possible

Faute de repreneur, le tribunal a donc cette seule carte en main pour maintenir le site en état le temps que la situation se débloque.

"Nous pensons que le tribunal se dirige vers une liquidation de l'entreprise avec poursuite de l'activité pendant un mois, le temps de procéder aux livraisons des commandes en cours", a indiqué à Reuters le délégué CFDT Xavier Cailloux.

Le projet de Sem, dont les 650.000 euros de capital seraient assurés à 85% par des fonds publics, pourrait voir le jour au cours de cette période.

Sur les 290 personnes actuellement salariées, la Sem pourrait assurer de 20 à 30 emplois, 100 à 150 autres pouvant être préservés pour assurer la poursuite des activités actuelles. Le reste faisant partie d'un plan social inévitable, selon le syndicat CFDT.

Les déclarations de Montebourg mal accueillies

Dans ce contexte, les déclarations d'Arnaud Montebourg ce lundi ont été très mal accueillies par les salariés.

"Nous ne sommes pas là pour mettre des ressources rares dans des entreprises qui n'ont pas d'avenir", avait ainsi déclaré le ministre du Redressement productif après avoir rappelé que des aides avaient déjà été apportées à trois reprises.

"Ça nous reste en travers de la gorge. Ce n'était pas forcément le bon jour pour en parler comme ça", a dit Xavier Cailloux. "On peut comprendre que l'Etat ne puisse pas tout mais nous, nous croyons à l'avenir de notre entreprise. Il peut venir le constater lui-même sur place et venir en discuter avec nous."

Y. D.