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Assurance-chômage: Gattaz ferme la porte à une taxation des CDD

Pierre Gattaz estime qu'un alourdissement du coût du travail aura un effet négatif sur l'emploi.

Pierre Gattaz estime qu'un alourdissement du coût du travail aura un effet négatif sur l'emploi. - Bertrand Guay - AFP

Le président du Medef a exclu catégoriquement d’accéder à cette revendication des syndicats, à la veille de la reprise des négociations sur l’assurance-chômage.

Quelques heures après la décision du Medef de revenir à la table des négociations sur l’assurance-chômage, Pierre Gattaz a douché les espoirs d’une issue rapide.

Le président de l’organisation patronale a ainsi fermé la porte à toute taxation des contrats courts, réclamée par l'ensemble des syndicats. "Surtout pas, c'est non, bien évidemment. Pourquoi c'est non? Parce qu'on ne peut pas créer de l'emploi en alourdissant le coût du travail, ça a été démontré", a-t-il fait valoir au micro d’Europe 1.

Pour rappel, en juin, la négociation avait échoué après le refus du patronat de moduler la taxation des contrats courts, dont le nombre a explosé ces dernières années, condition sine qua non de tous les syndicats à un éventuel accord sur l'assurance chômage.

Le nombre de contrats courts explose

"C'est une négociation globale qu'il faut faire, on ne va pas se concentrer que sur les contrats courts et la taxation des contrats courts, sinon ce n'est pas la peine d'y aller", a ajouté Pierre Gattaz, affirmant qu'"il y a plein d'autres idées". "On rentre dans une négociation avec une volonté de réussir, de faire des réformes structurelles et de remettre tout sur la table".

Selon le patron des patrons, il faut "donner de la flexibilité à plein d'entreprises qui ont besoin en effet de ces contrats courts (...) tout en sécurisant un peu mieux en effet certains droits de nos salariés".

Pour les syndicats, le recours excessif aux contrats courts pèse sur l'équilibre de l'assurance chômage, en déficit de 3 à 4 milliards d'euros par an. Le nombre de CDD de moins d'un mois a en effet fortement augmenté en 15 ans, passant d'un peu plus de 1,5 million par trimestre à plus de 4 millions, selon l'Unédic.

Présidentielle : Gattaz distribue les bons et mauvais points

Interrogé sur les programmes économiques des candidats, le président du Medef a réaffirmé sa préférence pour les propositions de François Fillon. "Il est le candidat qui a le programme le plus détaillé et le plus pragmatique", a-t-il assuré. Tandis qu'"Emmanuel Macron a de bonnes réflexions orales mais il n'a pas encore de programme économique".

Quant à Benoît Hamon, "il part de deux hypothèses erronées affirmant qu'il n'y a pas de croissance et qu'il n'y a plus d'emplois. Or je vois des chefs d'entreprises qui me disent 'si j'avais moins peur d'embaucher je pourrais créer rapidement de l'emploi. On peut aller au plein emploi en France".

Pierre Gattaz a également indiqué qu’il considérait les programmes de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen comme des propositions "de repli".

Y.D. avec AFP