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Air France interdit de licencier avant les élections

François Baroin a déclaré qu'il n'y aurait pas de suppression d'emploi chez Areva.

François Baroin a déclaré qu'il n'y aurait pas de suppression d'emploi chez Areva. - -

Alexandre de Juniac, nommé mi-novembre à la tête de la compagnie aérienne, a été chargé de redresser la barre de l’entreprise. D’après nos informations, le gouvernement lui aurait donné l’ordre de ne pas toucher à l’emploi, au moins jusqu’à la fin du premier semestre de 2012. Comme avec Areva et PSA récemment, l’Etat fait tout ce qu’il peut pour éviter les licenciements sur le sol français avant la présidentielle.

Chez Air France, le gouvernement a son mot à dire: avec un peu plus de 15% de participation, il est l’actionnaire de référence du groupe. Et selon deux sources, une interne et une politique, le recours aux licenciements en France lui aurait été interdit par l’exécutif français.

Chez Areva et PSA, l'Etat intervient aussi

Ça devient une tendance. Mercredi, l’AFP publie une information selon laquelle Areva prévoit de supprimer 1000 à 1200 emplois en France. Réaction immédiate du ministre de l’Economie: François Baroin convoque Luc Oursel à Bercy. Et avant même l’entretien, le ministre déclare qu’"il n’y aura pas de suppression d’emploi chez Areva".

Actionnaire à 87% du leader du nucléaire, l’Etat peut se faire obéir. C’est plus compliqué avec PSA, qui a annoncé la semaine dernière la suppression de 2000 emplois en France.

Nicolas Sarkozy a eu beau convoquer Philippe Varin, le patron du groupe, PSA est une entreprise purement privée et n’a pas de comptes à rendre. Le gouvernement lui a certes prêté des fonds en 2008 pour affronter la crise, mais cette dette a été entièrement remboursée, avec anticipation et intérêts.

A court d’argument, l’Etat joue sur les mots: il n’y aura "pas de plan social" chez le constructeur. Mais pas besoin de plan social à proprement parler pour dégraisser dans les règles.

Nina Godart