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Accord sur l'emploi: la gauche affiche ses divisions

Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, tous deux socialistes, devraient venir "saluer" les manifestants contre l'accord du 11 janvier.

Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj, tous deux socialistes, devraient venir "saluer" les manifestants contre l'accord du 11 janvier. - -

Des manifestations sont organisées ce 5 mars en France pour dénoncer le projet de loi d'accord sur l'emploi présenté mercredi en Conseil des ministres. Elles vont mettre en évidence les dissensions à gauche et chez les syndicats.

Cela ressemble à une nouvelle épine dans le pied du gouvernement, qui se retrouve cette fois attaqué sur sa gauche. Un peu partout en France, ce mardi 5 mars, des manifestations sont organisées à l’appel de quatre syndicats (CGT, FO, FSU et Solidaires). La contestation portera sur l’accord du 11 janvier, signé par les autres partenaires sociaux, et qui sera adopté, mercredi 6 mars, en Conseil des ministres.

Les manifestants dénoncent ce qu’ils considèrent comme un accord "made in Medef" portant atteinte, selon eux, aux droits des salariés. "J'espère qu'il y aura des centaines de milliers de personnes", s'est enthousiasmé Bernard Thibault, le secrétaire général de la CGT, sur France Inter ce mardi.

Cette mobilisation devrait d'ailleurs donner lieu à une première, avec le défilé côte à côte des leaders de la CGT et de Force ouvrière, les frères ennemis du syndicalisme. Mais du côté des syndicats, l’unité ne semble pas au programme. Même si FO et la CGT semblent s’être enfin trouvé une cause commune, la CFDT, elle, dénonce une "vaste opération d'intox".

45 milliards pour les entreprises

La gauche de la gauche sera également présente, avec notamment Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon qui garniront les rangs des manifestations. "Le patronat a signé des deux mains cette partie de l'accord et avec le sourire, et en disant qu'au total cela lui rapportait 45 milliards", a ainsi déclaré l'ex-candidat à la présidentielle. "Croyez-vous qu'une mesure qui est censée bénéficier aux ouvriers rapporte 45 milliards aux grands patrons ? Non, bien sûr".

Le PS se déchire

Mais c’est surtout la présence de parlementaires socialistes qui devrait faire parler d’elle. La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, mais aussi le vice-président du Conseil régional d'Ile-de-Frane, Emmanuel Maurel, ou encore le député de l'Essonne, Jérôme Guedj, devraient en effet venir "saluer" les leaders syndicaux. Tous sont membres de l’aile gauche socialiste, leur apparition va surtout mettre en lumière le malaise et les dissensions régnant au sein du parti.

Car pendant que certains manifestent contre l’accord, d’autres appellent à le respecter fidèlement. C’est d‘ailleurs l’objet d’une tribune, parue le 3 mars dans le JDD, signée par une centaine de parlementaires socialistes. Bruno Le Roux, le chef de file des socialistes à l'Assemblée, va même plus loin: "cet accord devra être soutenu, voté, c'est la crédibilité même de la méthode que nous avons mise en place".

D’autres, comme le député Jean Glavany, estiment que le projet doit être "amendé, complété, précisé.", même s’ils valident "la méthode" et le "résultat global".

Yann Duvert