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60.000 emplois à domicile seraient menacés

L'emploi à domicile se porte mal

L'emploi à domicile se porte mal - -

La Fédération des particuliers employeurs affirme que la hausse du coût du travail aura des conséquences désastreuses pour l'emploi à domicile. Selon elle, 60.000 emplois seraient menacés cette année au profit du travail au noir.

La situation de l'emploi à domicile devient particulièrement inquiétante. Il avait chuté au premier trimestre où le volume d'heures déclarées avait baissé de 8%, avant de connaître une légère remontée au deuxième trimestre. Au deuxième trimestre par rapport au premier, la masse salariale versée aux employés a augmenté de 0,8 %, après une baisse de 4,5 % le trimestre précédent, selon les chiffres de l'Acoss, organisme collecteur des cotisations de Sécurité sociale, fin octobre.

Mais les professionnels s'inquiètent d'une rechute au troisième trimestre. Marie-Béatrice Levaux, présidente de la Fepem, la Fédération des particuliers employeurs, a précisé au Figaro ce mercredi 13 novembre que "les services à domicile pourraient perdre 60.000 emplois en 2013".

En trois ans, le coût de l'embauche a, en effet, augmenté de 12%. La Fepem voit dans la tendance annuelle une remontée du travail au noir. "Pour nous, le sujet ne se règle pas avec ces chiffres : on ne rattrape pas les 30.000 emplois équivalents temps plein qui, selon nos estimations, ont été perdus" depuis la réforme des avantages fiscaux, déclarait en octobre Marie-Béatrice Levaux. "Ce sont 100.000 personnes qui ont perdu des droits sociaux et sont aujourd’hui dans le travail non déclaré".

Doublement de l'allégement de charges

Au 1er janvier 2011, l’abattement de 15 points sur les cotisations sociales des ménages déclarant leur employé à domicile au salaire réel a été supprimé. Et début 2013, c'est la possibilité de déclarer au forfait qui a été annulée. Ces mesures "ont eu pour conséquence d’augmenter de 12 % le coût de l’emploi", selon Marie-Béatrice Levaux.

La Fepem demande donc un doublement de l'allégement de charges, à 1,50 euro par heure travaillée. Une mesure qui pourrait coûter jusqu'à 150 millions d'euros pour les finances publiques.

Diane Lacaze