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13e mois de hausse consécutive pour le chômage

Il y a aujourd'hui en France plus de 2,9 millions de chômeurs de catégorie A, c'est une première depuis 1999.

Il y a aujourd'hui en France plus de 2,9 millions de chômeurs de catégorie A, c'est une première depuis 1999. - -

Le chômage n'a pas interrompu sa hausse en mai. Elle s'est même accélérée. On compte 1,2% de chômeurs en plus en mai dernier. C’est le 13 mois consécutif de hausse pour les chiffres de l’emploi en France. Explications.

Le chômage a connu une hausse importante au mois de mai. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, sans aucune activité, a augmenté de 1,2% le mois dernier. Plus 1,2% de chômeurs, c'est comme si une entreprise de 1 000 salariés fermait chaque jour en France. Cela représente 33.000 demandeurs d'emplois supplémentaires selon les chiffres rendus publics mardi soir par le ministère du Travail. A titre de comparaison, de janvier à avril, les 0,6% d’augmentation du nombre de chômeurs n’avaient jamais été dépassés. Sur un an la hausse est de 8%. Il y a aujourd'hui en France plus de 2,9 millions de chômeurs de catégorie A, c'est une première depuis 1999.

9,9% de chômeurs d’ici fin 2012

Les perspectives d'avenir ne sont guère réjouissantes: l'Insee prévoit une poursuite de cette augmentation, et prédit un taux de chômage de 9.9% pour la fin de l'année. La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem pointe l'héritage de l'ère Sarkozy, et rappelle que le gouvernement devrait créer d'ici la fin de l'année 80 000 emplois aidés. On est loin d'une sortie de crise pour FO. La CFDT de son côté réclame l'embauche de 4 à 5 000 salariés supplémentaires à Pôle Emploi pour gérer au mieux les dossiers des chômeurs.

Les licenciés économiques accompagnés

Les économistes, eux, pointent une catégorie dont on ne parle que très rarement : la catégorie des licenciés économiques accompagnés. Ils sont 10 000 de plus en un mois, syndrome du début de la fameuse vague de plans sociaux, qui avait été repoussée par l'élection présidentielle.

« On risque une dérive forte du chômage »

Mathieu Plane est économiste à l'OFCE. Il n’est pas d’accord avec les déclarations du gouvernement pour qui les chiffres du chômage auraient pu être pires : « Il faut revenir à fin 2009 pour retrouver des chiffres comparables et surtout, la tendance de fond reste très dégradée et on a 13 mois de hausse consécutive du chômage. En moyenne sur les 12 derniers mois on est à plus de 20 000 chômeurs supplémentaires par mois. Si on n’a pas un redémarrage fort de l’activité avec des véritables créations d’emplois, on risque d’être confronté à cette dérive forte du chômage avec un risque social fort ».

« On peut activer rapidement les emplois aidés »

Pour remédier en partie à cette flambée du chômage, le gouvernement devrait créer 80 000 contrats aidés supplémentaires au second semestre. Pour Mathieu Plane ce n’est pas obligatoirement une solution miracle : « L’avantage de ce qu’on appelle les emplois aidés, et du traitement social du chômage, c’est qu’on peut les activer rapidement. On peut aussi cibler les publics les plus fragiles. Donc, dans ce cadre-là, c’est une politique à mettre en place mais les moyens restent très limités. Aujourd’hui la contrainte européenne de vouloir réduire les déficits publics très rapidement peut déboucher sur une récession et une montée du chômage extrêmement marquée. Il faut essayer de renégocier ces ajustements budgétaires aujourd’hui qui sont beaucoup trop fort par rapport à la situation économique ».

La Rédaction avec Thomas Chupin