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Vœux d'Emmanuel Macron: les "annonces précises" attendront

Invité sur le plateau de 12H-L'Heure H ce mardi, Stéphane Rozès, président de la société de conseil Cap, revient sur l'exercice périlleux que constitue l'allocution présentielle télévisée du Nouvel An et sur ce qu'il convient d'en attendre réellement.

Présentés ce mardi soir, les traditionnels vœux présidentiels sont – une fois n'est pas coutume – attendus au tournant. Depuis le début du mouvement social contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron s'est en effet montré particulièrement discret sur la question. C'est surtout Edouard Philippe qui, depuis le 5 décembre dernier, s'emploie à défendre la ligne politique gouvernementale et à négocier avec les syndicats.

Mais en ce 31 décembre 2019, Emmanuel Macron aura du mal à passer outre le sujet. Alors que la grève en est à son 27e jour, les questions se multiplient et la réforme demeure autant contestée que mal comprise. De là à espérer de grandes annonces et réponses, il y a, a priori, un monde.

Une "combativité ouvrière plus radicale" qu'en 95

"Habituellement, pour les vœux, il n'y a jamais d'annonces précises", explique Stéphane Rozès à l'antenne de BFM Business. "Il y a plutôt des éléments de cadrage (…) Par contre, il peut redonner sens et puis donner une feuille de route au Premier ministre car on sait qu'à partir du 7 commencent les négociations sur pénibilité et emploi des seniors et ensuite une suite de négociations (…) Il peut, je dirais, à la fois faire de la communication en termes de sens, mais également, éventuellement, ouvrir des choses et notamment, on regarde tous (…) la question de l'âge pivot. Est-ce qu'il ouvre la question de l'âge pivot de façon globale ou pas?". Or, c'est bien là "le nœud du problème", pointe le président de Cap.

Pourquoi? Parce que "pour l'heure, on est dans une sorte de guerre de possession où il y a une combativité ouvrière plus restreinte qu'en 95, mais plus radicale. De sorte que les confédérations semblent accompagner le mouvement sans réellement le maîtriser. Et de l'autre côté, il y a (…) le phénomène de grève par procuration comme en 95, où deux Français sur trois ont de la sympathie ou soutiennent le mouvement social. Et ce sont ces deux indicateurs, 'combativité ouvrière d'un côté' et 'soutien de l'opinion' qui vont" permettre de "savoir si cette réforme va passer ou pas", analyse Stéphane Rozès.

Le tissu économique, corde sensible de la réforme?

Or, poursuit l'expert, si jusqu'à présent, seuls les usagers, les commerçants et les indépendants subissaient les conséquences de la grève, le fait que puissent être organisés demain des blocages dans des raffineries, aurait un impact non négligeable sur le tissu économique et social du pays. "On se souvient qu'en 95, c'était parce que le tissu économique était touché que Jacques Chirac avait dû renoncer au plan Juppé", rappelle l'économiste.

J.C-H