BFM Business

VIDEO - Commission européenne: qui est Juncker, le futur président?

Jean-Claude Juncker sera, sauf surprise, le futur président de la Commission européenne.

Jean-Claude Juncker sera, sauf surprise, le futur président de la Commission européenne. - -

Les 28 dirigeants de l'UE ont désigné, ce 27 juin, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne, malgré l'hostilité de David Cameron.

Jose Manuel Barroso a un successeur. A l'issue du sommet européen ce 27 juin, les 28 dirigeants de l'Union européenne ont désigné Jean-Claude Juncker pour être à la tête de la Commission européenne jusqu'en 2019, malgré les tentatives de barrage orchestrées par le chef du gouvernement britannique David Cameron. Selon lui, le Luxembourgeois de 59 ans est "un homme du passé" qui en outre "n'a été candidat nulle part et n'a été élu par personne".

Une hostilité qui se nourrit notamment par l'opposition constante du chrétien-démocrate luxembourgeois aux multiples exemptions exigées par les Britanniques.

Aux yeux de tous, Jean-Claude Juncker fait figure de "vétéran européen". Premier ministre du Luxembourg pendant près de 19 ans (1995-2013), il a côtoyé tous les dirigeants européens depuis François Mitterrand et Helmut Kohl.

Plus intéressé par la présidence du Conseil

Il a vécu la profonde transformation de l'Union, l'échec du traité constitutionnel en 2005 et l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne quatre ans plus tard, la naissance de la monnaie unique, puis la crise de la dette et le sauvetage de l'euro, une tâche à laquelle il s'est consacré avec ardeur pendant huit ans à la tête de l'Eurogroupe.

"Il a l'expérience, avec ses avantages et ses inconvénients, il peut faire la synthèse entre une droite sociale et la gauche social-démocrate, il est de double culture française et allemande", a estimé Pierre Moscovici, qui brigue lui-même un portefeuille économique européen.

Relancé sur la scène européenne au printemps après son éviction du pouvoir dans son pays, Jean-Claude Juncker est apparu au début de la campagne comme un candidat par défaut, plus intéressé par la présidence du Conseil qui lui avait échappé en 2009, que par la Commission et son rythme effréné.

Accorder plus de place à la dimension sociale

Pendant des années, il a été réputé pour son humour parfois acerbe et son franc-parler, dont il n'hésitait pas à user contre les grandes capitales, refusant un diktat franco-allemand sur l'Europe, appelant Paris à respecter ses engagements en matière de déficits ou Berlin à plus de solidarité avec les pays en crise.

Il avait fustigé en juin 2005 "les intérêts mesquins et sordides" dissimulés derrière l'opposition britannique au projet de super Etat européen, dans un discours au Parlement européen considéré comme une virulente diatribe antibritannique.

Son viatique a toujours été la promotion de la construction européenne, avec une vision fédéraliste qui lui valut en 2006 de recevoir le prestigieux prix Charlemagne pour l'unification européenne.

Mais ce vieux routier de la politique, qui en connaît toutes les ficelles, a toujours fait cohabiter son idéalisme avec un solide sens des réalités, notamment au service des intérêts de son pays dont il a très longtemps défendu avec acharnement le secret bancaire.

Jean-Claude Juncker a toujours défendu la nécessité d'accorder plus de place à la dimension sociale, "enfant pauvre de l'Union économique et monétaire". Pour autant, à la tête de l'Eurogroupe, il a contribué à concevoir et à mettre en oeuvre les politiques d'austérité imputées ensuite à la Commission européenne.

C.C. avec agences