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Varoufakis: "Merkel détient la clé" pour dénouer la crise grecque

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- - Louisa Gouliamaki- AFP

Le ministre grec des Finances en appelle, dans un entretien à paraître lundi dans Bild, à la chancelière Angela Merkel. En tant que dirigeante de la première économie européenne, elle peut débloquer la situation.

Angela Merkel peut-elle sortir la Grèce de l'ornière? Pour Yanis Varoufakis, la chancelière allemande est effectivement en mesure de débloquer la crise dans laquelle son pays est plongé, après l'échec hier des négociations de la dernière chance.

"Les chefs de gouvernement de l'Union européenne doivent agir. Et parmi eux (Mme Merkel) détient en tant que représentante du pays le plus important la clé, j'espère qu'elle va l'utiliser", a déclaré le ministre grec dans un entretien au tabloïd allemand Bild, à paraître lundi mais dont certains extraits ont été mis en ligne ce dimanche. Et d'ajouter que son gouvernement était "ouvert à de nouvelles propositions des institutions" après l'échec de négociations à Bruxelles samedi.

Un appel à voter non sauf si...

Les ministres des Finances de la zone euro ont refusé de prolonger d'une semaine le programme d'aide en cours, et qui expire mardi 30 juin. Le gouvernement grec veut organiser le 5 juillet un référendum sur la proposition de ses créanciers (BCE, FMI et Commission européenne) --proposition qui impose des réformes et des coupes budgétaires en échange d'un renflouement-- et recommande de voter "non". 

Mais si les institutions présentaient de nouvelles propositions et qu'elles étaient "bien meilleures" que celles de jeudi, "nous pourrions à tout moment changer notre recommandation et proposer aux électeurs de les accepter", a dit le grand argentier grec.

Le gouvernement d'Alexis Tsipras, porté au pouvoir sur un message anti-austérité, refuse notamment la réforme des retraites réclamée par les institutions.

Les Grecs, et en particulier Yanis Varoufakis, ont souvent renvoyé la balle à Angela Merkel, dirigeante de la première économie européenne, qui a elle-même mis la main à la pâte des négociations ces dernières semaines en négociant directement avec Antonis Tsipras.

Mais la chancelière a beau vouloir éviter absolument l'implosion de la zone euro et de l'UE, elle doit aussi rendre compte à un électorat de moins en moins bien disposé à l'égard de la Grèce, qui a déjà reçu plus de 200 milliards d'euros de prêts garantis par ses partenaires européens et du FMI.

C.C. avec AFP