BFM Business

Valls recadre discrètement Macron et fait baisser Renault en Bourse

Manuel Valls s'est dit hostile à une fusion entre Renault et Nissan.

Manuel Valls s'est dit hostile à une fusion entre Renault et Nissan. - Dominique Faget - AFP

Les propos du Premier ministre, qui s'est montré hostile à une fusion entre Renault et Nissan, ont eu pour effet de faire baisser le cours de l'action du constructeur français. Mais aussi de tuer dans l'oeuf cette éventualité, pour laquelle Emmanuel Macron militerait en coulisse.

C'est discrètement mais sûrement que Manuel Valls a tué dans l'oeuf les ambitions supposées de son ministre de l'Économie, dimanche, s'agissant du conflit opposant l'État et Renault-Nissan. Alors que l'entourage d'Emmanuel Macron avait évoqué à demi-mot une possible fusion entre les deux constructeurs, le chef du gouvernement s'y est montré ouvertement hostile.

"L'État est aujourd'hui à presque 20%, demain il peut baisser sa part. Ce que nous voulons c'est conserver l'alliance, nous ne voulons pas d'une fusion. L'État joue pleinement son rôle d'actionnaire (...) et en même temps nous faisons confiance aux managers de Nissan et de Renault" a-t-il indiqué lors du "Grand rendez-vous" Europe 1-iTélé-Le Monde.

Sortir de l'impasse

Conséquence: déçus de voir une éventuelle fusion s'éloigner, les investisseurs ont boudé le titre Renault à l'ouverture de la Bourse. En milieu de matinée, l'action du constructeur perdait ainsi près de 3%. 

Pour rappel, le conseil d'administration de Renault n'est pas parvenu vendredi à résoudre le conflit sur la répartition des pouvoirs au sein de l'alliance entre le constructeur français et Nissan, mais est tombé d'accord pour soutenir de nouvelles discussions et tenter ainsi de sortir de l'impasse.

Le bras de fer entre Carlos Ghosn, et Emmanuel Macron s'est durci depuis la brusque montée de l'État au capital du groupe français en avril. Cette opération était destinée à assurer au principal actionnaire de Renault les droits de vote double prévus par la loi Florange. Mais Nissan, deuxième actionnaire, ne l'accepte pas alors que lui ne possède aucun droit de vote depuis la fondation de l'alliance en 2002.

Y.D. avec agences