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Brexit: les Ecossais n'ont jamais été aussi nombreux à réclamer leur indépendance

A gauche, le drapeau écossais. A droite, le drapeau du Royaume-Uni. Ce dernier va-t-il devoir changer à l'issue du référendum de jeudi?

A gauche, le drapeau écossais. A droite, le drapeau du Royaume-Uni. Ce dernier va-t-il devoir changer à l'issue du référendum de jeudi? - Carl Court - AFP

Alors que Londres et Bruxelles peinent à se mettre d'accord sur les règles à mettre en place dès la fin de l'année, 58% des Ecossais soutiennent l'indépendance du pays et réclament un référendum dans les cinq ans.

Nicola Sturgeon va-t-elle finalement avoir gain de cause ? Voilà des années que la Première ministre écossaise plaide pour un nouveau référendum sur l'indépendance de son "pays". Depuis 2016, pour être précis, année d'un autre référendum, celui du Brexit qui acté le départ de l'Union européenne. A l'époque, les Ecossais avaient majoritairement choisi de rester au sein de l'UE et, quatre ans plus tard, les avis n'ont pas changé.

Pire, les déboires de Boris Johnson n'ont fait que renforcer cette méfiance vis-à-vis de l'Angleterre. Dans un nouveau sondage réalisé par Ipsos MORI, 58% des Ecossais sont désormais favorables à l'indépendance, un record historique ! Principale raison : ils "veulent emmener le pays dans une direction politique très différente de celle de l'Angleterre".

Rejet de Boris Johnson

Le rejet du Premier ministre britannique Boris Johnson est peut-être aussi pour quelque chose. Le locataire du 10 Downing Street n'obtient que 19% d'avis favorables auprès des Ecossais contre 72% pour Nicola Sturgeon du Parti national écossais (SNP) et 44% pour le leader travailliste Keir Starmer.

Reste encore à savoir si un referendum sur l'indépendance aura vraiment lieu dans les mois ou les années à venir. 64% des sondés estiment que Londres doit autoriser un nouveau scrutin dans les 5 ans si le SNP remporte à nouveau les élections au parlement écossais l'année prochaine.

Jusqu'à présent, Londres a toujours refusé un nouveau vote, depuis l'échec de celui de 2014 qui a vu le non à l'indépendance l'emporter avec 55% des votes. C'était bien entendu avant le Brexit, alors que le no-deal apparait comme l'option désormais la plus probable. Les élections au parlement écossais auront lieu en mai prochain.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business