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Une croissance française "décevante"

L'investissement privé est d’autant plus important qu'il améliore la productivité.

L'investissement privé est d’autant plus important qu'il améliore la productivité. - -

Le PIB de la France a reculé de 0,1% au troisième trimestre 2013 après son rebond de 0,5% au deuxième. Un repli lié notamment à une baisse des exportations, a annoncé l'Insee ce jeudi.

Le chiffre de la croissance pour le 3e trimestre est décevant, en net recul par rapport à celui du 2e trimestre. Cela ne remet pas fondamentalement en cause les prévisions pour 2013 (0,2 ou 0,3%) et pour 2014 (0,9%) mais cela confirme que l’économie française reste en difficulté.

Croissance ou pas croissance, c'est la question, pourrait-on dire ?

Nous sommes dans une dynamique cyclique qui reproduit le profil des cycles précédents : la récession de 2009 a son pendant avec celle de 1993. En 1998, la reprise était au rendez-vous et elle le sera en 2014. La grande différence est que la reprise de 1998 fut forte alors que nous nous orientons vers une reprise de faible ampleur. Le chiffre donné ce jeudi matin par l’Insee pour la croissance du 3e trimestre, qui conforte les prévisions récentes notamment de la Banque de France, confirme cette situation. La France est en train de devenir l’homme malade de l’économie européenne, une économie qui elle-même est encore en difficulté. En 2014, il n’y aura que 5 pays dans l’Union européenne qui auront une croissance plus faible que la France. Or parmi eux il y a l’Espagne et l’Italie qui ont fait des réformes (le déficit budgétaire italien est deux fois moins important que celui de la France) et dont les perspectives s’améliorent.

Sommes-nous condamnés à la stagnation ?

Non. En économie, il y a trois moteurs de la croissance : la politique budgétaire, l’exportation et l’investissement privé.
La politique budgétaire est restrictive comme disent les économistes, c’est-à-dire que l’accumulation des impôts réduit le pouvoir d’achat et donc les débouchés des entreprises.
L’exportation souffre des problèmes de l’économie mondiale, avec une reprise moins forte que prévu aux Etats-Unis et des pays émergents obligés de ralentir à cause de leurs problèmes d’inflation.
Reste ce qui devrait être le moteur principal, l’investissement privé. Il est d’autant plus important que c’est à la fois la croissance immédiate et la croissance future parce que normalement il améliore la productivité, l’efficacité de l’appareil productif. Et l’investissement stagne. Et ce, parce que les entreprises connaissent de sérieuses difficultés. Elles ne font pas assez de profit pour pouvoir investir. Il faudrait alléger leurs impôts et singulièrement les impôts sur les profits car selon la formule célèbre du chancelier Schmidt « les profits d’aujourd’hui sont les investissements de demain et les emplois d’après-demain ».
La priorité doit donc être les entreprises. Le danger pour la France est que l’on continue à s’installer dans les réformettes, le matraquage fiscal tout en dénonçant sans cesse l’euro fort, la timidité de la banque centrale ou la psychorigidité des Allemands. Ces derniers ont fait des réformes de fond qui portent leurs fruits. Les Espagnols et les Italiens sont en train d’en faire autant. C’est à nous d’agir et non pas d’accuser les autres. Il faut que nous allions dans leur sens, c’est-à-dire une baisse des impôts des entreprises rendue possible par une baisse des dépenses publiques.

Jean-Marc Daniel