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UMP: que sait-on du programme économique de Nicolas Sarkozy? 

Nicolas Sarkozy a dévoilé quelques axes de son projet économique, mais en restant très vague.

Nicolas Sarkozy a dévoilé quelques axes de son projet économique, mais en restant très vague. - Miguel Medina-AFP

L'ex-chef de l'Etat, élu ce week-end président de l'UMP, multiplie les constats alarmistes sur la conjoncture. Quel serait son propre projet économique? Voici ce qu'il a déjà dévoilé.

Nicolas Sarkozy reprend le rôle de président de l'UMP. Il a été élu dimanche soir avec un peu plus de 60% des voix. Dimanche soir sur TF1, il a appelé au rassemblement face à une situation économique qu'il juge "catastrophique, avec une courbe du chômage qui ne cesse d'aller vers l'augmentation".

Ses concurrents déclarés pour 2017 se sont dévoilés -François Fillon s'imagine en Thatcher Français, Alain Juppé chasse au centre. L'ex-chef de l'Etat, lui, a dévoilé quelques axes de son projet sans les détailler outre mesure. Il faut dire que ce n'est pas le bon timing pour dérouler son projet économique.

Depuis, deux mois, il ne s'adresse pas aux Français mais aux 260.000 militants UMP. Or ces militants n'ont pas besoin d'être convaincu du degré de libéralisme des candidats, ou de leur volonté de baisser les impôts. Hervé Mariton et Bruno Le Maire, ses challengers pour la présidence de l'UMP, voulaient également une baisse de la fiscalité. Tous trois se sont différenciés surtout sur des questions sociétales, comme l'immigration ou le mariage pour tous. 

Nicolas Sarkozy a quand même livré quelques orientations. Sur les finances publiques par exemple, il veut inscrire dans la Constitution l'obligation de maintenir la dépense publique sous la barre des 50% du PIB. En 2010, c'était la réduction du déficit que le président d'alors voulait faire figurer dans la Constitution. 

Il appelle déjà cette mesure le "bouclier de la dépense publique". Il faudrait dans un premier temps la ramener de 57% aujourd'hui à 50%, soit réaliser 140 milliards d'euros d'économies. 

Seul hic: il ne dit pas comment faire. Pour atteindre un tel montant, rétablir la mesure de non remplacement d'un départ sur deux de fonctionnaire à la retraite, y compris dans les collectivités territoriales, ne suffira pas.

Le seul moyen de faire de telles économies serait de toucher à la dépense sociale, à laquelle la France consacre 33% de son PIB. L'assurance chômage, l'assurance maladie, ou les retraites des fonctionnaires devraient être réformées. Mais Nicolas Sarkozy ne s'est pas encore avancé sur ce terrain sensible. 

Nicolas Sarkozy entend en outre repousser l'âge de départ à la retraite de 62 ans prévus en 2018, à 63 ans. Et concernant la fiscalité, il veut baisser le taux d'imposition des Français. Mais la seule mesure qu'il avance est la suppression de l'Impôt sur la fortune. 

De manière plus générale, l'ancien président veut aligner la fiscalité du patrimoine, celle qui concerne les plus-values de cession ou la succession, sur celle de nos voisins européens, moins élevée.

Sur le temps de travail enfin, il souhaite rétablir les heures supplémentaires défiscalisées qui avaient profité à 9 millions de salariés. Il les avait instaurées pendant son mandat, mais le gouvernement de François Hollande les a supprimées. Enfin, Nicolas Sarkozy veut laisser à chaque entreprise la décision de sortir ou non des 35h.

Si le nouveau chef de la droite n'a pas encore martelé de slogan type "travailler plus pour gagner plus", qui avait marqué les esprits en 2007, on peut s'attendre à ce qu'il n'ait que de la sueur, du sang et des larmes à promettre à l'approche de 2017. 

Mathieu Jolivet