BFM Business

Thomas Thévenoud, rattrapé en pleine ascension

Thomas Thévenoud a été contraint de démissionner du gouvernement.

Thomas Thévenoud a été contraint de démissionner du gouvernement. - Thomas Samson - AFP

PORTRAIT - Le jeune député socialiste de Saône-et-Loire, accusé de ne pas avoir payé d’impôts pendant des années, avait la réputation d’un homme de combats, ce qui lui avait valu la confiance de l’exécutif.

Son arrivée et son départ de la scène auront au moins un point commun: l’effet de surprise. En juillet 2012, l’Assemblée nationale voit arriver l’un des nombreux bénéficiaires de la "vague rose" des législatives. Mais celui-ci va vite se démarquer.

Elu député de Saône-et-Loire face au sortant UMP, Thomas Thévenoud débarque avec un statut d’ancien conseiller de Laurent Fabius, tandis que son poste de vice-président du Conseil général le fait apparaître comme un proche d’Arnaud Montebourg, qui dirige alors l’institution départementale.

Très vite, le jeune parlementaire (38 ans) va faire parler de lui, notamment via un rapport dans lequel il remet en cause l’impact de la baisse de la TVA dans la restauration. Si ce coup d’éclat lui attire les foudres de la profession, il lui permet également de compter ses soutiens, parmi lesquels Arnaud Montebourg, mais aussi Claude Bartolone ou Bruno Le Roux. Des poids lourds bien utiles quand, en face, le géant Mc Donald’s lance une véritable fronde contre le député mâconnais, se payant par exemple une campagne de communication anti-Thévenoud dans cinq grands quotidiens nationaux.

Amendement "anti-Sarkozy" et lobby du tabac

Quelques mois plus tard, il s’attaque à l’industrie du tabac, qu’il veut plus lourdement taxer, et dépose un amendement qui sera finalement rejeté. Mais l’initiative a produit ses effets, et l’élu a désormais acquis une réputation de dur à cuire dans l’Hémicycle.

En juin 2013, il dépose un nouvel amendement, en plein débat sur la transparence politique, visant à interdire aux membres du Conseil constitutionnel d’exercer une activité rémunérée en dehors de leurs fonctions. Contre l’avis du gouvernement, ce dernier est adopté par l’Assemblée, malgré les protestations de l’UMP criant à l’acharnement contre Nicolas Sarkozy.

Récompensé de ses efforts

Sa combativité est récompensée quand, au début de l’année, il hérite de l’épineux dossier du conflit entre les chauffeurs de taxis et les VTC. En avril, le "rapport Thévenoud "est remis à Manuel Valls. Riche d’une trentaine de propositions, il est considéré de l’avis général comme relativement équitable.

Nommé porte-parole du groupe socialiste à l’Assemblée nationale en juin, Thomas Thévenoud prend du galon, jusqu’à son arrivée au poste de secrétaire d’Etat au Commerce extérieur sous les ordres de Laurent Fabius, son ex-mentor.

Une ascension fulgurante qui a donc pris fin ce jeudi 4 septembre, après seulement neuf jours passés dans la peau d’un membre du gouvernement français. Accusé par Mediapart de ne pas avoir payé ses impôts pendant des années, le jeune député en aura au moins fait sourire certains. Vice-président de la mission d’information sur la fraude fiscale, il occupait le même poste au sein de la commission d’enquête sur l’affaire Cahuzac

Yann Duvert