BFM Business

Thierry Mandon, un "simplificateur" pro-entreprises

Thierry Mandon possède un parcours à al croisée du monde de la politique et de l'entreprise.

Thierry Mandon possède un parcours à al croisée du monde de la politique et de l'entreprise. - -

Le député socialiste de l'Essonne a été nommé, ce mardi 3 juin, secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification auprès de Manuel Valls. Portrait d'un politique fin connaisseur du monde l'entreprise.

Le mini remaniement au sein de l'exécutif devrait réjouir les acteurs du monde de l'entreprise. Car l'homme choisi pour épauler Manuel Valls afin d'éliminer les freins à la croissance en est un fin connaisseur. Thierry Mandon, nommé ce mardi 3 juin secrétaire d'Etat à la Réforme de l'Etat et à la Simplification, a en effet derrière lui une longue carrière à la croisée de la politique et de l'entrepreunariat.

Pragmatique, le député de l'Essonne est passé de la PME d'événementiel de ses jeunes années, "Gag à gogo" (qu'il a ensuite revendue) à la présidence de Genopole, groupement d'intérêt public qui chapeaute des labos de recherche et aide à créer des sociétés de biotechnologies.

Arnaud Montebourg, son ami et ancien condisciple de Sciences Po Paris (promo 1986), vante ainsi "un homme de grand talent et de terrain, passionné, qui connaît bien l'entreprise".

C'est d'ailleurs pour ces qualités que François Hollande l'a promu en janvier copilote du Conseil de la simplification aux côtés de l'ex-PDG d'Unibail, Guillaume Poitrinal.

Plus jeune député de France

Mais ce socialiste qui se veut "lucide" n'en est pas moins connaisseur et décrypteur des arcanes politiques. Chez les députés PS, Malek Boutih le voit "plutôt comme un intellectuel dans la politique". D'autres évoquent "un type avec de l'expérience et des analyses politiques assez fines, un peu solitaire", "brillant mais parfois compliqué à suivre avec son parcours sinueux".

Entré en politique en 1984 sur une liste de l'écologiste Brice Lalonde pour les régionales, Thierry Mandon a ensuite rallié le PS, dans le sillage de Laurent Fabius, puis de Martine Aubry, avec laquelle il s'est ensuite fâché.

Porté par la vague rose de 1988, ce licencié en droit et philosophie est devenu le plus jeune député de France mais a perdu son siège en 1993 face à l'UMP Georges Tron.
Il a conquis la mairie de Ris-Orangis en 1995 et pris des responsabilités au conseil général de l'Essonne. Réélu député en 2012, Thierry Mandon a rendu ses mandats locaux.

Une sortie remarquée sur les heures supplémentaires

Rue de Solférino, il a fait partie en 2002 de l'aventure du Nouveau Parti socialiste, courant rénovateur lancé par Arnaud Montebourg, Benoît Hamon et Vincent Peillon.

Ancien lieutenant d'Arnaud Montebourg pendant la primaire PS avant la présidentielle de 2012, il est désormais perçu, selon un hollandais, comme "un soutien véritable de la politique du chef de l'Etat".

Mais il est aussi arrivé à cet amateur de football de prendre son camp à contre-pied. Plusieurs parlementaires de gauche ne sont toujours pas revenus de sa sortie de l'été 2013 pour un retour partiel à la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure emblématique du quinquennat Sarkozy abrogée au retour de la gauche. François Hollande en avait été à l'époque "échaudé", selon un député socialiste.

A droite, un député UMP chevronné cité par l'AFP apprécie d'ailleurs ce membre de la commission des Finances "sérieux, pas idéologue".

Amateur d'opéra et de littérature germanophone, père d'un enfant, ce natif de Lausanne s'échappe régulièrement à Boston nourrir sa quête d'idées innovantes.

Y. D .avec AFP