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Retraites: Jean-Paul Delevoye rejette l'idée d'appliquer la future réforme aux seuls nouveaux entrants

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, assure qu'il est "impossible" de réserver le nouveau régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail, dans un entretien au Parisien.

Le haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, assure qu'il est "impossible" de réserver le nouveau régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail, dans un entretien au Parisien. - Eric Fefferberg-AFP

Dans un entretien au Parisien, le Haut commissaire aux retraites estime que "ceux qui sont favorisés par le système actuel doivent accepter un effort de redistribution". Selon lui, "si on appliquait de façon généralisée la clause du grand-père, cela reviendrait à créer un quarante-troisième régime. C'est impossible!".

Jean-Paul Delevoye persiste et signe sur sa volonté d'appliquer un système universel de retraites par points tout en assurant qu'il est "impossible" de réserver le nouveau régime aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. "Je porte un projet de société qui concerne les 30 à 40 prochaines années. S'il y a des assouplissements nécessaires de quelques mois, cela ne pose aucune difficulté mais un projet aussi ambitieux ne souffre aucune interrogation de contingences électorales" affirme le Haut commissaire aux retraites dans un entretien au quotidien Le Parisien.

'Il est faux de dire que les retraites font partie du statut"

S'adressant aux syndicats des entreprises publiques (RATP, SNCF, EDF) dont les salariés bénéficient d'un régime spécial des retraites, il rétorque, "il est faux de dire que les retraites font partie du statut. Moi, je ne transigerai pas sur l'objectif", ce qui sonne comme un avertissement vis-à-vis de l'exécutif, tétanisé par la perspective d'un mouvement social généralisé rejetant la réforme à venir.

Jean-Paul Delevoye ajoute à l'endroit des syndicats du secteur public appelant à une grève illimité début décembre: "si la grève du 5 décembre est une crispation catégorielle, si elle vise à s'opposer au régime universel, je ne l'entends pas. Cela voudrait dire que les intérêts corporatistes et la capacité de nuisance l'emportent sur l'intérêt supérieur du pays."

Puis il enfonce le clou en s'adressant cette fois-ci aux salariés bénéficiant de ces régimes spéciaux: "celles et ceux qui sont favorisés par le système actuel doivent accepter un effort de redistribution."

Enfin, il réaffirme son opposition de principe à l'application de "la clause du grand père", consistant à n'appliquer la réforme avec son système universel de retraite par points qu'aux nouveaux entrants sur le marché du travail. "Cela reviendrait à créer un quarante-troisième régime. C'est impossible ! Si on fait la clause du grand-père pour une profession, il faut la faire pour tout le monde, question d'équité, ça veut dire que l'on renonce à la réforme" conclut le Haut commissaire aux retraites.

Frédéric Bergé