BFM Business

SNCF: la "clause du grand-père" pourra-t-elle désamorcer la grève du 5 décembre?

Des agents du technicentre de Châtillon manifeste devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, le 29 octobre 2019

Des agents du technicentre de Châtillon manifeste devant le siège de la SNCF à Saint-Denis, le 29 octobre 2019 - JACQUES DEMARTHON / AFP

Avec la "clause du grand-père", les salariés de la SNCF et de la RATP resteront sous régime spécial. Par contre, ce sera la retraite par points pour les nouveaux entrants. Le gouvernement espère que cette disposition évitera que la grève des transports qui démarrera le 5 décembre ne dure trop longtemps.

Dans un mois, jour pour jour, la RATP et la SNCF pourrait entrer dans une grève aussi importante que celle de 1995 qui a a paralysé le pays pendant un mois. Cette fois, il s'agit de défendre le régime de retraite des salariés nés depuis 1963 et qui ont été recrutés sous le régime spécial.

Le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, n'a plus que quelques semaines pour apaiser la colère des salariés qui défendent les régimes spéciaux. Dans ses cartons, un dossier pourrait désamorcer la grève apaiser l'inquiétude des personnels concernés: la "clause du grand-père".

Sous ce nom, un dispositif qui sacraliserait les contrats signés sous le régime actuel. Ainsi, les personnes nées avant 1963 conserveraient le bénéfice des régimes spéciaux. Par contre, les nouveaux entrants seront soumis à la réforme Delevoye et entreront dans le régime général avec une retraite par points. La CFDT souhaite que le futur régime universel s'applique uniquement aux cheminots embauchés à partir de janvier 2020.

L'option serait "sur la table"

Selon Didier Aubert de la CFDT-Cheminots, le gouvernement "fera des propositions fermes sur le futur régime de retraite de la SNCF d'ici le 22 novembre". Jean-Pierre Delevoye avoue ne pas privilégier cette option "à titre personnel", mais a confirmé que cette option est "sur la table".

Elle a même reçu l'approbation implicite d'Emmanuel Macron. Fin octobre, sur RTL, le président déclarait: "Je comprends tout à fait quelqu'un qui, à EDF, à la RATP ou à la SNCF, qui a 48 ou 50 ans et qui proteste. Il est rentré avec un pacte avec la Nation. On lui a dit : 'vous allez travailler dans cette entreprise, voilà vos droits'. Il faut gérer, l'angoisse des gens qui veulent comprendre où ils vont sachant qu'ils ont parfois 15 ans, 20 ans, 25 ans de carrière".

La "clause du grand-père" vise clairement à tenter de déminer un conflit social qui promet d'être dur, mais aussi d'éviter que d'autres mouvements de contestation se joignent aux grévistes de la RATP et de la SNCF. "Il faut déminer le maximum de sujets avant le 5 décembre [...] pour ne plus avoir que les salariés de la SNCF et de la RATP mobilisés le jour J, et pas une coagulation entre les 42 régimes spéciaux", a indiqué au Monde un membre du gouvernement directement impliqué dans les négociations qui redoute une grève forte et longue.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco