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Frais de scolarité, bourses, logement... L'Etat abandonne-t-il les étudiants en France?

Si l'Etat subventionne fortement l'université et propose de nombreuses aides financières aux étudiants, le coût croissant du logement participe au sentiment de paupérisation des étudiants en France.

Après le drame survenu ce vendredi à Lyon, où un étudiant s’est immolé par le feu, les organisations étudiantes dénoncent la précarité croissante des étudiants et pointent la responsabilité de l’Etat.

L'université française est une des plus subventionnées au monde. Une année d'étude universitaire coûte plus de 10.000 euros par étudiant. Or les frais d’inscription varient de 170 pour une année de licence à 600 euros par an. A cela, il faut certes ajouter 90 euros de contribution de vie étudiante. Mais cela porte à 260 euros l'année de licence, soit moins de 3% du coût réel. Autrement dit en France, vous pouvez devenir médecin par exemple pour environ 30 euros par mois de frais de scolarité.

En ce qui concerne la vie quotidienne, de nombreux dispositifs sont aussi proposés par l'Etat. Les bourses sur critères sociaux (jusqu’à 5600 euros par an), l’aide au mérite pour les mentions très bien au bac (entre 900 et 1800 euros par an), l’aide à la mobilité internationale (jusqu'à 3600 euros par an). Il y a aussi une allocation spécifique annuelle pour les étudiants en difficulté de plus de 28 ans qui peut se monter à près de 5000 euros par an. En France près de quatre étudiants sur 10 sont boursiers. Ils reçoivent entre 1000 et 5600 euros par an en plus des frais de scolarité gratuits.

Si l’Etat aide les étudiants, le coût de la vie étudiante augmente lui. Les organisations étudiantes tirent à chaque rentrée la sonnette d’alarme sur le fait que le coût de la vie étudiante augmente plus vite que l'inflation. Un étudiant aujourd’hui doit avoir une connexion internet, un smartphone, un abonnement téléphonique. Mais c’est surtout le coût du logement qui pèse lourd dans les budgets des étudiants et des familles. Il représente 69% du budget selon l'Observatoire de la vie étudiante. 

Aujourd'hui, quatre étudiants sur cinq sont obligés de se loger dans le parc locatif privé ou chez leurs parents. En moyenne les locataires consacrent un budget de 608 euros par mois, en hausse constante depuis plusieurs années. Avec de fortes inégalités selon villes : c’est 340 euros en moyenne à Brest ou au Mans mais 873 euros à Paris.

Des étudiants qui tentent alors d’accéder à une chambre en cité U mais c’est le parcours du combattant puisque le pays n’en compte que 175.000 pour 700.000 étudiants boursiers. L'Etat s'est engagé à en construire 60.000 de plus d'ici 2022.

Lorsque les parents n’ont pas les moyens d’aider les enfants, les étudiants doivent cumuler études et petit boulot. Selon une étude de 2017 de la Dares 23% des étudiants doivent cumuler leurs études avec un emploi rémunéré.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco