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Castaner veut un régime spécial de retraite pour les policiers scientifiques

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- - Ludovic MARIN / AFP

Le ministre de l’Intérieur s’est prononcé ce dimanche en faveur de l’évolution du statut de certains membres de la police scientifiques, afin qu’ils bénéficient de droits à un départ anticipé à la retraite.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a indiqué dimanche être favorable "à faire évoluer" le statut de certains agents de la police technique et scientifique, vers un statut "d'actif", leur ouvrant les droits à un départ anticipé à la retraite.

Les syndicats des personnels techniques et scientifiques, en grève depuis le 5 décembre, estiment que leurs conditions de travail, qu'il jugent "dangereuses et pénibles", doivent leur ouvrir les mêmes droits que leurs collègues armés, notamment en termes de départ à la retraite. En effet, tandis que les agents armés de la police nationale disposent du statut d'"actif", les membres de la PTS sont considérés comme "sédentaires" et comme des agents administratifs.

"Il faut que dans le cadre de la mise en oeuvre du projet de loi sur les retraites qui permet de prendre en compte la pénibilité dans certaines fonctions, nous puissions faire évoluer ce cadre, pas pour tous car certains ne sont pas confrontés au terrain", a expliqué le ministre sur France 3, faisant référence notamment aux "biologistes" qui ne "peuvent pas dire qu'il y a une dangerosité particulière" dans leurs métiers. Selon Christophe Castaner, une partie des agents de PTS, "ceux qui font du terrain, sont aussi en dangerosité à certain moment", tout comme les agents armés.

"Pour le délinquant, vous êtes un flic"

Depuis le 5 décembre, l'intersyndicale regroupant trois organisations représentatives de ces policiers dont le Syndicat national des personnels de police scientifique (SNPPS) a rejoint le mouvement de mobilisation contre la réforme des retraites.

"Nous avons un statut ambigu alors que la plupart des gens ici ont fait du terrain, ont été confrontés à des criminels et voient régulièrement des cadavres", avait expliqué un fonctionnaire de la police scientifique de Marseille lors d'une manifestation à Paris mi-janvier. "On a des contraintes de terrain, et quand vous avez l'étiquette police, il y a un danger. Pour le délinquant, vous êtes un flic, il n'y a que l'administration qui fait la différence", soulignait aussi Xavier Depecker, secrétaire du Syndicat national indépendant des personnels administratifs techniques et scientifiques.

En décembre 2018, plusieurs syndicats de police scientifique avaient déjà lancé un mouvement de grève pour exprimer leur "ras-le-bol" et dénoncer leurs conditions de travail.

N.G. avec AFP