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"Les enquêtes de l’IGPN aboutissent toutes", affirme la directrice de la police des polices

Brigitte Jullien, directrice de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a répondu aux questions de BFMTV lors d'un entretien diffusé ce vendredi matin. Elle a défendu le travail de l'organe dont elle a la charge.

Sa parole est rare. Mais alors que les polémiques ont monté lors de ces derniers mois de manifestations et de colère sociale, alimentées par des vidéos aux effets parfois délétères sur l'image des forces de l'ordre, Brigitte Jullien, directrice de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), a choisi de s'exprimer sur BFMTV.

"Les enquêtes de l’IGPN aboutissent toutes mais peut-être pas à ce que les gens veulent entendre. Il y a toujours des actes d’enquête qui sont faits", a-t-elle fait valoir.

Brigitte Jullien a ensuite exhorté à la patience: "Ça prend du temps, on n’est pas dans le temps des experts à la télévision où on a ça en trois minutes. Parfois, il faut deux, trois, quatre mois pour avoir les résultats d’une analyse. On n’enterre pas les dossiers, ce n’est parce que des policiers enquêtent sur des policiers que nous sommes complaisants."

Croche-pied à une manifestante: "Ce n'est pas ça la police"

Le changement de ton de l'exécutif, qui réfute cependant l'idée de "violences policières", à l'égard des agents chargés du maintien de l'ordre a été très net ces derniers jours.

La patronne de l'IGPN a livré son analyse, revenant au passage sur une prise de parole du ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. "Le changement de ton est consécutif aux images qui sont passées. Peut-être que, comme l’a dit le ministre avec 'ce croche-pied à l’éthique', je pense qu’il a voulu parler de ce croche-pied à Toulouse, peut-être que c’est cette image-là qui a tournée en boucle", a-t-elle lancé avant d'ajouter: "Il a fallu à ce moment-là que le ministre donne le ton et rappelle aux policiers que cette image ne doit pas circuler et ne pas donner à penser que c’est le travail des policiers, parce que ce n’est pas ça la police nationale."

"Il faut que les policiers puissent être identifiés sur la voie publique"

Brigitte Jullien a insisté sur la nécessité de pouvoir identifier les policiers au cours de leur intervention: "Il faut que les policiers puissent être identifiés sur la voie publique. On ne peut pas accepter qu’un policier soit masqué, ne porte pas son RIO sur la voie publique".

Avant d'ajouter: "Quand on n’a pas le nom du policier qui a utilisé son lanceur de balle de défense pour nous c’est très compliqué parce qu’on ne peut pas travailler sur la trajectoire, ces choses-là. Dans l’enquête, c’est important de savoir qui a tiré."

Selon des données recueillies auprès du procureur de la République de Paris, 218 enquêtes ont été confiées à l'IGPN au sujet de violences policières présumées pour l'année 2018, une statistique représentant le double de celle de l'année précédente. 

Cécile Ollivier avec Robin Verner