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Sanctions américaines en Iran: Le Maire attend des "exemptions"

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie - JACQUES DEMARTHON / AFP

Le ministre de l'Économie a estimé qu'il y avait "urgence à obtenir des réponses" des États-Unis sur les demandes d'exemptions de l'Europe après le rétablissement de sanctions américaines vis-à-vis de Téhéran.

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a jugé ce mardi, après l'annonce du départ de PSA d'Iran, qu'il y avait "urgence à obtenir" des réponses des États-Unis sur les demandes européennes "d'exemptions et de délais supplémentaires" pour les entreprises présentes en Iran.

"Ce n'est pas aux États-Unis de décider avec quel pays nous pouvons oui ou non faire du commerce", a-t-il martelé devant des journalistes, répétant avoir deux regrets: "D'abord le retrait américain de cet accord iranien qui permettait de faire du commerce avec l'Iran" et "les sanctions extraterritoriales" annoncées par les États-Unis pour les entreprises européennes qui voudraient continuer de commercer avec l'Iran.

"Nous souhaitons qu'il y ait une réponse européenne à ce défi-là, notamment en mettant en place un financement européen indépendant pour permettre à nos entreprises de continuer à faire du commerce avec des États qui seraient sous sanction américaine grâce à cette indépendance financière avec une institution financière européenne totalement indépendante des États-Unis", a-t-il déclaré en marge d'une visite à Ajaccio.

"Je n'ai toujours pas de réponse"

Il a également pointé "un défi de court terme": "c'est d'obtenir de la part des autorités américaines des exemptions ou des délais supplémentaires pour nos entreprises françaises". Il a rappelé avoir fait cette demande "au secrétaire américain au Trésor" avec ses homologues européens "dans le cadre du G7 des ministres des Finances à Whistler au Canada il y a quelques jours". "Nous sommes mardi, malheureusement je n'ai toujours pas de réponse", a-t-il regretté. "Je crois que le cas de Peugeot montre qu'il y a urgence à obtenir ces réponses", a-t-il conclu.

Lundi soir, PSA a annoncé préparer son retrait d'Iran, son premier marché étranger en volume avec 12,4% de ses ventes unitaires en 2017. Cette décision fait suite à l'annonce début mai par Washington de son retrait de l'accord nucléaire iranien et au rétablissement de sanctions vis-à-vis de Téhéran ainsi que de toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique, leur donnant de 90 à 180 jours pour se retirer du pays.

P.L avec AFP