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Royal propose une réforme fiscale plus verte

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- - Alain Jocard - AFP

L'ancienne ministre de l'Écologie suggère que les allègements fiscaux comme la suppression de l'ISF et la "flat tax" soient "exclusivement réservés aux investissements verts".

L'ancienne ministre de l'Écologie Ségolène Royal (PS) a proposé dimanche que les allègements fiscaux accordés par le gouvernement aux revenus financiers soient "exclusivement réservés aux investissements verts", sous peine d'"alourdir les inégalités sociales".

"C'est une proposition que je mets sur la table : s'il doit y avoir allègements fiscaux sur la fortune financière, sur les mouvements financiers et sur les revenus du capital, ces allègements doivent être exclusivement réservés aux investissements verts, à la finance verte", a expliqué Ségolène Royal sur France Inter. "Ça serait très intelligent", a-t-elle estimé, évoquant "un effet levier majeur pour réaliser ce qui a été décidé dans l'accord Paris sur le climat, c'est-à-dire la réorientation de la finance mondiale vers l'investissement vert".

Des allègements qui pèsent 40% du budget des universités

Selon l'actuelle ambassadrice pour les pôles, cela permettrait aussi à la Place de Paris de devenir celle de la finance verte, "puisque nous serions les premiers à faire une fiscalité verte sur la fortune financière". "Tout le reste n'a aucune raison d'être, parce qu'il n'y a aucune contrepartie, donc c'est un élément d'alourdissement des inégalités sociales", a-t-elle tranché.

Rappelant que ces quelque 4,5 milliards d'allègements fiscaux représentaient "40% du budget des universités", elle a jugé que cet argent serait, dans ce cas, "mieux placé dans les universités".

"On n'a pas la preuve du retour des exilés fiscaux"

Refusant de faire un procès d'intention à Emmanuel Macron, qu'"on ne peut pas soupçonner de vouloir accroître les inégalités ou accroître le chômage", l'ancienne candidate à la présidentielle a rappelé qu'une réforme était bien acceptée "quand elle est juste, quand elle est comprise par les gens et quand ils peuvent se l'approprier". "Or, ce qui est incompréhensible dans la façon dont cette réforme est annoncée, c'est qu'on n'a pas la preuve du retour des exilés fiscaux" pour relancer l'activité économique, a-t-elle estimé.

Elle a également critiqué la méthode : annoncer la sortie de l'assiette de l'impôt sur la fortune des revenus du capital et la mise en place d'une flat tax pour ces mêmes revenus, en même temps que l'augmentation de la CSG pour les retraités. "Ça, c'est ravageur", a-t-elle observé.

N.G. avec AFP