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Roundup: Monsanto dit "non" à Ségolène Royal

Ségolène Royal souhaite interdire au 1er janvier 2016 la vente de désherbants à base de glyphosphate. (image d'illustration)

Ségolène Royal souhaite interdire au 1er janvier 2016 la vente de désherbants à base de glyphosphate. (image d'illustration) - Philippe Hugen - AFP

Didier Charrier, directeur général de Monsanto France a répondu jeudi soir à Ségolène Royal sur France Info. Il rejette la possibilité de retirer de la vente libre les produits de sa gamme d'herbicide Roundup.

Avant de s'attaquer à Ferrerro et à sa pâte à tartiner, la ministre de l'Ecologie s'en en est pris début juin à l'herbicide Roundup, célèbre produit de la firme américaine Monsanto. Au cours d'un déplacement dans une jardinerie, Ségolène Royal avait alors retiré des rayonnages divers désherbants contenant du glyphosphate, dont le Roundup leader du marché, avant de déclarer qu'elle souhaitait en interdire la vente en libre-service à destination des particuliers. Une mesure, inscrite dans un amendement de la loi portant sur la transition énergétique, qui pourrait entrer en vigueur au 1er janvier 2016.

"Surpris" que son entreprise ait pu être ainsi "pointée du doigt alors qu'il existe plus de 180 produits" à base de glyphosphate, le directeur général de Monsanto France, Didier Charrier affirme qu'il "n'accepte pas l'interdiction de la vente libre" de son produit en soulignant "qu'aucune raison légitime ne peut justifier cette décision". 

"Rien ne justifie un tel empressement"

Questionné sur la dangerosité supposée pour les utilisateurs, il indique que son entreprise conteste l'évaluation qui a été effectuée par le CIRC. Depuis le mois de mars, le Centre international de recherche sur le cancer, dépendant des Nations-Unies, considère en effet le glyphosphate comme une probable substance cancérogène. "Nous considérons que cette évaluation a été faite sans prendre en compte l'intégralité des données qui sont à ce jour existantes". 

Il y a quelques semaines, ce même scénario d'une potentielle interdiction de la vente du produit s'est joué en Suisse. Les Socialistes et les Verts de la Confédération suisse se sont interrogés sur les intérêts de leur pays à continuer d'autoriser la commercialisation du produit. Invité à se prononcer, le Conseil fédéral s'est prononcé en faveur du maintien de la vente de l'herbicide. 

Didier Charrier a cependant admis que l'interprofession des fabricants d'herbicides réfléchit à "une mise en oeuvre potentielle de la vente sous clé, et non plus en libre-service, de l'ensemble des produits jardin à compter du 1er janvier 2018".

Antonin Moriscot