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Retraites: Selon la CFDT, Matignon n'exclut pas une hausse des cotisations patronales

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- - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Au sortir d’une réunion avec le Premier ministre Edouard Philippe, le leader de la CDFT, Laurent Berger, affirme qu’une hausse des cotisations patronales n’est pas écartée par le gouvernement.

Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, a assuré vendredi sur France Inter que la piste d'une hausse des cotisations patronales n'était pas écartée par Edouard Philippe, au lendemain d'une rencontre à Matignon.

Jeudi, "le Premier ministre a dit qu'on pouvait imaginer un cocktail de mesures et il a évoqué notamment cette possibilité de cotisations. C'est encore sur la table", a affirmé le dirigeant du premier syndicat français.

L'âge pivot vient "pourrir la réforme"

Le leader syndical avait proposé dans La Croix mardi d'augmenter les cotisations pour éviter l'âge d'équilibre, sans indiquer s'il s'agissait de cotisations patronales ou salariales. Plusieurs membres du gouvernement ont écarté immédiatement cette piste, mettant en avant une éventuelle baisse du pouvoir d'achat.

Laurent Berger, qui a précisé vendredi qu'il parlait de cotisations patronales, a expliqué avoir "sorti cette idée des cotisations parce que j'en avais assez d'entendre que comme il y a un déficit, il faut demander aux gens de travailler plus longtemps. Je dis non. Il y a aussi les cotisations. J'ai reçu une flambée de contestations, de la part du patronat, notamment".

Il a de nouveau défendu l'idée d'une réforme "systémique" créant un régime de retraite par points, mais a réitéré ses critiques concernant l'âge pivot, qui vient "pourrir la réforme". "Les mesures d'équilibre de court terme ne sont pas absolument nécessaires", a-t-il martelé. "Je veux que l'âge pivot soit retiré de cette réforme".

"Aux citoyens de se mobiliser de manière festive"

Jeudi, lors de la rencontre avec Edouard Philippe, il a globalement noté "des ouvertures" et "une volonté de dialogue" sur le minimum de pension, le travail de nuit et la pénibilité en général, mais sur l'âge pivot, Laurent Berger a "senti une grande détermination à le faire". "Ce qui est sûr, c'est qu'il peut y avoir un compromis et je le souhaite. Le Premier ministre a essayé d'ouvrir la porte", a-t-il dit.

Laurent Berger prévoit d'autres actions "dès janvier", après avoir organisé une mobilisation mardi contre l'âge pivot avec la CFTC et l'Unsa, la toute première, bien distincte de celle de l'intersyndicale opposée au projet dans son ensemble, menée par la CGT et FO.

Il s'agira d'"aller interpeller des parlementaires dès la première semaine de janvier", à partir du 6, mais aussi de "proposer aux citoyens de se mobiliser, pourquoi pas un samedi" de manière "festive", juste avant la présentation le 22 janvier du projet de loi en Conseil des ministres.

N.G. avec AFP