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Qui est Oyak, sur le point de racheter British Steel ?

British Steel

British Steel - Lindsey Parnaby / AFP

L’entreprise de sidérurgie britannique en faillite, qui doit reprendre le français Ascoval, devrait passer dans l’escarcelle de ce fonds de pension de l’armée turque.

Dénouement surprise dans le dossier British Steel. Le fonds de pension de l'armée turque Oyak à travers sa filiale Altaer, annonce en effet qu’il va mener des négociations exclusives afin de racheter l'entreprise de sidérurgie britannique en faillite et tenter de sauver plus de 4.000 emplois.

« Nous avons (...) signé un accord préliminaire pour acheter le géant industriel du Royaume-Uni, British Steel », a annoncé le directeur général d'Oyak, Süleyman Savas Erdem. Le groupe turc va désormais discuter pendant deux mois avec British Steel et espère conclure le rachat d'ici à la fin de l'année. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé.

L'ouverture de négociations exclusives avec Oyak « est une avancée importante et positive afin de garantir l'avenir de British Steel », a commenté Andrea Leadsom, ministre des Entreprises et de l'Industrie du gouvernement de Boris Johnson. Rappelons que les sites de British Steel de Scunthorpe et ailleurs dans le nord-est représentent un tiers de la production d'acier au Royaume-Uni.

Plus de 19 milliards de dollars d’actifs

Numéro deux du secteur au Royaume-Uni derrière Tata Steel, British Steel a fait faillite faute de liquidités suffisantes. Il avait mis ses difficultés financières sur le compte du Brexit, dont les incertitudes plombent la demande en acier de ses clients européens.

Les pouvoirs publics auraient de leur côté donné leur feu vert à un soutien financier de 300 millions de livres pour soulager les finances de British Steel, révélait la chaîne Sky News la semaine dernière.

Cette annonce devrait également être un soulagement pour les salariés du français Ascoval, repris par British Steel. Mais sa faillite ne devait pas en théorie avoir d’incidence sur cette opération. En effet, Olympus Steel Limited, détenue à 100% par le fonds d’investissement britannique Greybull Capital, a acquis Ascoval. Et British Steel n’est qu’une des filiales d’Olympus Steel Limited.

Créé en 1961 un an après un coup d'Etat militaire, Oyak connaît bien le secteur puisqu'il détient 49% du sidérurgiste turc Erdemir, dont l'activité serait complémentaire avec celle de British Steel.

Les actifs du conglomérat Oyak s'élevaient à 19,3 milliards de dollars en 2018, avec des investissements dans le ciment, l'énergie, les services financiers et l'automobile. Sa dernière opération est l’acquisition il y a quelques mois de la société de ciment portugaise Cimpor.

Selon des chiffres de 2018, ce fonds de pension, auquel cotisent plus de 360.000 personnes, génère un chiffre d'affaires de 9,8 milliards de dollars et possède 19,3 milliards de dollars d'actifs.

la rédaction