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Quelles sont les villes françaises les plus endettées par habitant et les mieux gérées?

La fondation Ifrap a décortiqué les comptes des 380 plus grandes villes françaises. Sa directrice, Agnès Verdier-Molinié, détaille les résultats sur BFM Business.

A l'approche des élections municipales, la fondation Ifrap, un think tank libéral, a analysé les comptes 2018 des 380 plus grandes communes de France, ainsi que les comptes de leur intercommunalité et les budgets annexes. Ont été décortiqués les dépenses et les investissements "pour déterminer la façon dont la dette et les impôts pèsent sur la population de chacune d'entre elles". 

Evaluer notamment la dette par habitant "permet de remettre les curseurs un peu à leur place", explique ce mercredi sur BFM Business la directrice de l'Ifrap Agnès Verdier-Molinié.

Ainsi, selon les calculs de la fondation, parmi les grandes villes les plus endettées, on retrouve notamment Levallois-Perret (avec une dette par habitant de 5.473 euros), Aubagne (4.826 euros), Agde (4.541 euros), Bagnolet (4.196 euros) ou encore Saint-Maur-des-Fossés (3.511 euros).

A Paris, cette dette atteint 3.055 euros. Un chiffre qui n'est pas contesté par la mairie, assure la responsable. Parmi les autres villes de plus de 150.000 habitants, c'est Nice qui arrive en tête (4.133 euros de dettes par habitant), suivie de Grenoble (3.712 euros), Marseille (3.536 euros) et Saint-Etienne (3.229 euros), qui arrive juste devant la capitale.

Une dette souvent cachée dans les budgets annexes

"Sur la ville de Bordeaux, vous allez avoir 1.900 euros par habitant (1.943 euros très exactement, NDLR) et puis à Villeurbanne vous aurez 1.600 euros par habitant" (1.622 euros plus précisément). L'Ifrap note que en moyenne et en 2018, la dette par habitant atteint 1.980 euros. Depuis 2014, celle-ci a baissé en moyenne de 39 euros. 

Des informations qui selon Agnès Verdier-Molinié ne sont pas connues des administrés. "Parfois, la dette n'est pas apparente pour le citoyen parce qu'elle n'est pas dans la ville, elle est dans le budget annexe de la ville et si vous n'allez pas chercher dans les comptes des budgets annexes, vous n'aurez jamais le véritable montant de dette qui pèse sur les citoyens et il faut savoir que la dette d'aujourd'hui, ce sont les impôts de demain".

Plus globalement, concernant la gestion des villes, la directrice de l'Ifrap se dit frappée par la difficulté pour comparer la gestion d'une ville à l'autre. "On a l'impression que finalement, ça arrange tout le monde d'avoir toutes ces couches du mille-feuille et par rapport à une entreprise qui a des obligations de présentation dans ses comptes, un cadrage très important, finalement, vous pouvez avoir plein de choses qui passent en budget annexe que les citoyens ne verront pas du tout".

Dépenses, investissements, dette et impôts permettent au final d'établir le classement des grandes villes les mieux gérées, par grandes tranches de population. Pour les villes de plus de 150.000 habitants, c'est Villeurbanne qui arrive en tête avec une note de 13,2/20, suivi d'Angers (12,3), Toulouse (11,8), Toulon (11,7) et Bordeaux (11,5). Ces villes "arrivent à avoir des niveaux de dettes faibles, des niveaux d'investissements assez élevés tout en ayant des impôts faibles et des dépenses de fonctionnement assez faibles. A la fin, c'est le ticket gagnant", estime Agnès Verdier-Molinié.

Olivier Chicheportiche