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Prélèvement à la source: un choix "politique", pour Christian Eckert

Christian Eckert a supervisé la préparation de la réforme de l'impôt à la source.

Christian Eckert a supervisé la préparation de la réforme de l'impôt à la source. - Lionel Bonaventure - AFP

L'ancien secrétaire d'État au Budget a exclu tout problème technique pouvant justifier les hésitations de l'exécutif.

Les atermoiements du gouvernement sur le prélèvement à la source ont le don d'agacer Christian Eckert. Et l'ancien secrétaire d'État en charge du Budget l'a fait savoir ce samedi, dans une interview à Libération.

"Il y aurait maintenant des problèmes techniques? Je n'y crois pas une seconde (...) Sinon la DGFIP (Direction générale des finances publiques, NDLR) aurait, depuis longtemps, alerté sur d'éventuelles difficultés (...) Toute cette histoire n'est donc qu'une affaire politique", estime l'ancien ministre de François Hollande.

Pour lui "la majorité craint de payer dans les urnes aux prochaines européennes des fiches de paie et des bulletins de pensions avec des montants en baisse". Il relève aussi que le Medef a "toujours été contre" la réforme.

"Emmanuel Macron était ministre de l'Économie lorsque nous avons décidé de lancer le prélèvement à la source"

Christian Eckert s'étonne par ailleurs que l'exécutif remette en cause aujourd'hui la réforme, alors qu'elle est depuis deux ans sur le métier. "Permettez-moi de me montrer perplexe sur ce sujet... Emmanuel Macron était ministre de l'Économie lorsque nous avons décidé de lancer le prélèvement à la source. Donc on ne peut pas dire qu'il découvre le sujet !".

Interrogé vendredi par la presse en marge d'un déplacement à Cherbourg (Manche), l'ancien président de la République, François Hollande, a aussi pointé en premier lieu un choix politique. "Je ne veux pas compliquer la tâche de ceux qui hésitent encore, mais cette réforme était prête... Les fonctionnaires du ministère à Bercy ont fait tout le travail, après c'est une affaire de choix politique", a-t-il taclé. A un moment "il faut sauter le pas, il faut le faire", a-t-il ajouté.

Y.D. avec AFP