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Pourquoi si peu d'élus sont aussi chef d'entreprise?

Selon Jean-Michel Fourgous, 50% des députés sont des fonctionnaires.

Selon Jean-Michel Fourgous, 50% des députés sont des fonctionnaires. - -

La lecture des déclarations de patrimoine des ministres qui doivent être publiées ce lundi 15 avril, démontre que peu d'entre eux détiennent de parts d'une entreprise. Ce que certains élus regrettent.

La séparation entre monde du privé et monde du public n'est nulle part aussi hermétique que chez nos élus. Cela saute aux yeux à la lecture de leur déclaration de patrimoine, dévoilée, ce lundi 15 avril, pour des raisons de transparence renforcée: nos ministres ne possèdent pas de parts sociales d'entreprises.

Certes, certains disposent d'un Plan d'épargne en action (PEA), ou de parts dans une Société d'investissement à capital variable (SICAV). Mais aucune part sociale d'entreprise. En d'autres termes, aucun des membres du gouvernement n'administre d'entreprise.

Serait-ce parce qu'ils craignent des situations de conflits d'intérêt ? L'ancien député UMP Jean-Michel Fourgous, délégué général de "Génération entreprise", un groupe de 100 députés issus du secteur marchand, ne voit pas pourquoi.

Un Parlement instrumentalisé par des fonctionnaires

"Plus de 50% des députés sont fonctionnaires", rappelle-t-il. "Ainsi dans 80% des cas, la loi est préparée par des fonctionnaires pour des fonctionnaires". Pour lui, "le Parlement est instrumentalisé par la fonction publique, c'est là que se trouve le conflit d'intérêt".

En revanche, que l'Etat investisse dans l'économie réelle serait "la plus grande marque de moralité". Parce qu'un euro investi dans une entreprise voit sa valeur décupler. L'Etat peut récupérer cette somme pour "investir dans des routes, des hôpitaux, des écoles", liste-t-il…

Pour le fondateur de Sigmund, un fabricant de logiciels, "il faut rééquilibrer la démocratie en mettant dans les cabinets des gens qui ont une expérience de l'économie réelle".

Jean-Michel Fourgous parle d'ailleurs de "problème culturel" à ce sujet. Il estime que les Français, députés ou pas, ne se rendent pas assez compte de la nécessité et de l'intérêt d'investir dans des entreprises. Une "belle idée", pour lui, serait d'obliger les ministres à investir dans une entreprise.

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Nina Godart et BFM Business