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Pourquoi la rentrée sera décisive pour la consommation des ménages

La croissance française est généralement poussée par la consommation des ménages. Pour le patron de Système U, qui observe de près les dépenses des Français, le mois de septembre donnera une idée de l'état économique du pays.

"Incertitude". C'est le mot martelé par le président de Système U, Dominique Schelcher, sur le plateau de Good Morning Business ce mercredi. Incertitude sur l'avenir tant la période est inédite et peu lisible sur les conséquences à venir. Et tout pourrait bien se jouer à la rentrée après un confinement qui a largement profité à la grande distribution. "Les gens se sont concentrés dans l'alimentaire" explique le patron. "Puis, dès la fin du confinement, ils se sont lâchés sur un certain nombre de produits d'équipement, y compris chez nous" comme des tables de jardin ou de l'électroménager.

"Cette consommation soutenue fait que les prévisions qui étaient assez sombres pour le deuxième trimestre sont finalement un peu meilleures que prévues" explique-t-il. Même si le rebond "n'est pas aussi significatif" en juin. "On continue globalement à progresser mais on se rapproche de plus en plus de la normale. Le panier moyen est toujours un peu supérieur mais pas aussi important qu'il ne l'était pendant le confinement."

"Le moteur de la croissance en France, c'est la conso"

"Pour moi, le grand rendez-vous de la consommation il sera à la rentrée. Qu'est-ce qu'il va se passer à la rentrée?" s'interroge-t-il. D'une part en raison du surplus d'épargne "absolument considérable" des Français depuis mai, évalué à près de 75 milliards d'euros. "La question est : cette somme va-t-elle être dépensée par les Français?" Et donc, "est-ce que cette confiance sera là à la rentrée? Rien n'est moins sûr", tranche Dominique Schelcher, rappelant qu'il n'y a "pas un jour sans un plan social" en France. "Quand il y a une trop grande tension sur l'emploi, sur l'avenir, (…) les gens préfèrent épargner plutôt que dépenser. Or, le moteur de la croissance en France, c'est la conso" rappelle le patron de Système U.

Autre enjeu: "il y a toute une autre partie des Français qui ont perdu des revenus pendant le confinement. Pour ces gens-là, c'est déjà plus difficile. On le voit, on le sent en magasin. Ils sont plus attentifs aux premiers prix, ils sont plus attentifs à la quantité qu'ils achètent par exemple. Donc comment, eux, vont-ils se comporter à la rentrée?" C'est toute la question…

Thomas Leroy