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Pour l'institut Montaigne, il faut relancer l'investissement pour "que l'économie française sorte du trou"

Invité de Good Morning Buisiness, Eric Chaney, conseiller économique pour le think-thank libéral, estime entre 200 et 300 milliards d'euros le montant des investissements "perdus" d'ici la fin 2022.

Pour l'institut Montaigne, l'investissement des entreprises doit être au coeur de la relance économique. Or, ces dépenses fondent comme neige au soleil à cause du ralentissement économique provoqué par l'épidémie de coronovirus et le confinement des économies.

Sur BFM Business ce vendredi, Eric Chaney, conseiller économique pour le think-thank libéral, explique: "on va s'apercevoir début juillet que le taux d'épargne a bondi à 30% alors qu'il était à 15% fin 2019 et que l'investissement a peut-être baissé de 50%. Alors tout cet argent qui a été accumulé par les ménages, (...) il faut les inciter à le dépenser, (...) ça permettra à l'investissement de redémarrer", même si selon lui ce ne sera pas suffisant. 

"Sachant qu'on est tombé de 50%, (...) si je cumule la perte d'investissement par rapport à ce qui ce serait passé sans la crise du coronavirus, arrivé à la fin 2022, dans le meilleur des cas, on aura perdu 200 milliards d'investissements, dans le pire (des cas) 300 milliards. (...) Et donc je pense que c'est extrêmement important de viser à ce que la reprise de l'investissement soit la plus forte possible", explique l'économiste.

Situation sociale et politique menacée

"Il faut absolument que l'économie française sorte du trou. Si on reste au fond du trou, le taux de chômage restera extrêmement élevé, les revenus des Français baisseront et (...) ça sera la situation politique et sociale du pays qui sera menacée. On ne peut pas se permettre ça".

Et de poursuivre: "il y a un facteur d'incertitude pour les entreprises qui est énorme. (...) Et ce sont les politiques sanitaires décidées par le gouvernement, et à juste titre, (...) qui introduisent de l'incertitude. C'est sa responsabilité, il introduit de l'incertitude. Et ce facteur d'incertitude va réduire la puissance du rebond de l'investissement". 

L'institut Montaigne préconise donc des dispositifs d'aides fiscales pour financer jusqu'à 10% des investissements des entreprises. Pour autant, il faudra restaurer la "confiance", ce qui passera par un rebond de la consommation et "par la confiance dans les politiques qui vont être menées. (...) Ce facteur d'incertitude, il me paraît légitime qu'il soit compensé. Est-ce que ça suffira ou pas? Si on ne fait rien, c'est sûr que l'investissement ne reprendra pas suffisamment vite". 

Olivier Chicheportiche