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Pour Gattaz, le rapport d'Oxfam sur les dividendes est "biaisé" et "politique"

Pierre Gattaz

Pierre Gattaz - ERIC PIERMONT / AFP

Le patron du Medef a dénoncé la méthodologie du rapport selon lequel la France est le pays au monde où les entreprises cotées en Bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires.

"Biaisé" et "politique". C'est par ces mots que le président du Medef, Pierre Gattaz, a jugé que le rapport de l'ONG Oxfam, selon lequel la France détient la première place mondiale pour la distribution de dividendes. "J'ai parcouru ce rapport qui me semble complètement biaisé sur la présentation, sur la méthode", a déclaré le patron des patrons lors de sa conférence de presse mensuelle.

"On compare quasiment à toutes les pages des choux et des carottes, et on voit bien l'intention parfaitement politique de ce rapport", a-t-il poursuivi, tout en reconnaissant qu'il y avait des choses à "regarder" et à "essayer de comprendre", mais "avec neutralité" et "dans le cadre d'un environnement global".

"Le dividende d'abord c'est une rémunération d'un risque"

Dans ce rapport publié lundi, Oxfam affirme que "la France est le pays au monde où les entreprises cotées en Bourse reversent la plus grande part de leurs bénéfices en dividendes aux actionnaires". Les groupes du CAC 40 ont, selon le document, redistribué à leurs actionnaires les deux tiers de leurs bénéfices entre 2009 et 2016, soit deux fois plus que dans les années 2000, ce qui s'est fait au détriment du réinvestissement et des salariés.

"Le dividende d'abord c'est une rémunération d'un risque", a rappelé Pierre Gattaz, soulignant qu'il venait "à la fin de tout". "L'investissement et les salaires sont déjà dans le compte d'exploitation des entreprises, et quand tout ça a été fait, vous avez le résultat net et vous vous dites qu'est-ce que j'en fais", ce qui peut mener au versement de participation et d'intéressement ou de dividendes, a-t-il souligné.

Le patron des patrons a par ailleurs expliqué qu'il fallait "des actionnaires pour faire vivre" les entreprises. "Nous avons la chance d'avoir le CAC 40 en France, nous n'avons pas assez d'ETI (entreprises de taille intermédiaire, ndlr), de grandes PME", a-t-il déclaré. "Il faut les faire grandir, pour ça il faut du capital, il faut des fonds propres, il faut donc des actionnaires". "Les actionnaires qui jouent, qui parient (...) ont besoin d'une rémunération", a-t-il insisté.

P.L avec AFP