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Pour Bruno Le Maire, la Chine est "l'Usain Bolt des nations"

Bruno Le Maire demande à ce que les investissements chinois en France ne créé pas d'inquiétude

Bruno Le Maire demande à ce que les investissements chinois en France ne créé pas d'inquiétude - Fred Dufour - AFP

Lors d'un déplacement à Shanghai, le ministre de l'Économie a jugé que la Chine avançait à "une vitesse stupéfiante" ajoutant qu'elle provoquait aussi "des inquiétudes".

Les investissements chinois sont les bienvenus en France, mais à condition qu'ils s'inscrivent dans la durée, a insisté samedi à Shanghai le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, appelant à la "réciprocité" sur ce terrain.

"Dans tous les secteurs, la Chine avance à une vitesse stupéfiante: c'est l'Usain Bolt des nations", a commenté Bruno Le Maire lors d'un discours à l'université shanghaïenne Jiaotong, au terme d'une visite de trois jours dans le pays.

Elle "va vite et frappe fort. Vous comprenez que ça puisse susciter certaines inquiétudes" en Europe, a-t-il ajouté, rappelant que la France restait ouverte aux investissements chinois à condition que ce soit de manière à surmonter ces "inquiétudes".

Réciprocité

Or, la balle est dans le camp de Pékin, a estimé le ministre, appelant à la nécessité d'une "réciprocité" entre les deux pays: un message qu'il avait martelé jeudi et vendredi à Pékin à l'occasion d'entretiens avec le vice-Premier ministre Ma Kai.

La simple présence du mot "réciproque" et la mention d'"un commerce (...) équitable" dans la déclaration finale du cinquième dialogue économique et financier de haut niveau franco-chinois, vendredi, avait fait l'objet d'âpres négociations entre les deux délégations.

"On peut jouer avec ces inquiétudes (suscitées par le géant asiatique) et présenter la Chine comme une menace", mais "le protectionnisme est une mauvaise réponse", a plaidé Bruno Le Maire à Shanghai devant un parterre d'étudiants.

La "réciprocité", selon Bercy, suppose un accès au marché chinois pour les entreprises françaises identique à celui dont bénéficient d'ores et déjà les groupes du géant asiatique en Europe, alors que Pékin continue de verrouiller des pans entiers de son économie.

Par ailleurs, la France entend également signifier à la Chine que "les investissements prédateurs" et court-termistes "ne sont pas les bienvenus", insiste une source française proche du dossier.

A contrario, Bruno Le Maire a cité plusieurs fois comme un "succès" l'exemple du Club Med, spécialiste des villages vacances racheté en

J.M. avec AFP