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Plongeon des ventes de médicaments et des consultations médicales cet hiver

Bloqués par les gestes barrières, les virus saisonniers ont moins sévi qu'il y a un an. Les pharmaciens ont vendu beaucoup moins de sirop contre la toux ou d'antidiarrhéiques. Les médecins généralistes ont, eux, face à une baisse de 15% de leurs consultations.

Si le SARS-CoV2 a profité de l'hiver pour se multiplier à nouveau, tel n'est pas le cas des autres virus respiratoires, et plus largement de tous les agents infectieux qui sévissent davantage durant les mois les plus froids. Interrogé ce vendredi par Les Echos, Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France est formel:

Avec le port du masque, il n'y a plus de pathologies. Pour nous, ça veut dire plus de 145 millions d'euros de perte de rémunération sur les trois premiers mois de l'année".

Faute de rhumes, de rhinopharyngites, de gastro-entérites, de grippes et, chez les enfants, de bronchiolites, les pharmaciens n'ont effectivement pas eu à renouveler leurs stocks d'Humex, d'Amoxicilline ou d'Imodium. Selon les données de la FSPF, les ventes de médicaments antitussifs ont baissé au premier trimestre de 2021 de 60,7% par rapport à la même période de l'an passé. La chute est également sensible pour les antibiotiques (-33,3%), antidiarrhéiques (-30,8%) et, dans une moindre mesure, pour les antalgiques (-15,7%).

14,5% de consultations en moins chez les généralistes

Dans le même temps, les pharmaciens engagés dans le dépistage du Covid-19 ont profité, dans le même temps, du nombre important de personnes venus se faire tester dans leurs officines. Mais une sur deux seulement propose ce service.

Le respect des gestes barrières associé à une proportion record de personnes en télétravail s'est également traduit par une baisse des consultations médicales chez les généralistes. Selon les données mensuelles détaillées des dépenses remboursées par l’Assurance maladie, elle atteint 14,5% sur les deux premiers mois de 2021 par rapport à janvier et février 2020, avant la pandémie donc.

Reste que le Covid a bien creusé le déficit de la Sécu. Au premier trimestre de 2021, les dépenses de l'Assurance-maladie ont augmenté de 9,2%, alors qu’un nombre important d’interventions chirurgicales programmables ont été décalées dans le temps. Cet hiver en partie exempt de pathologies saisonnières a donc juste permis de limiter la casse sur le plan financier. Reste une question: faudra-t-il, l'hiver prochain, maintenir le port du masque dans certaines circonstances afin d'endiguer les épidémies de grippe et de gastro?

Pierre Kupferman
https://twitter.com/PierreKupferman Pierre Kupferman Rédacteur en chef BFM Éco