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Paris et Rome main dans la main avant la nouvelle Commission européenne

François Hollande recevra sept chefs de gouvernements sociaux-démocrates samedi 21 juin.

François Hollande recevra sept chefs de gouvernements sociaux-démocrates samedi 21 juin. - -

Le chef de l’Etat va recevoir samedi 21 juin ses principaux alliés sociaux-démocrates lors d’une "réunion informelle" à l’Elysée. Principal objectif : peser lors de la constitution de la prochaine Commission européenne.

Les priorités de l'Union européenne seront discutées à l'Elysée demain, samedi 21 juin. François Hollande accueille sept chefs de gouvernement sociaux-démocrates afin de déterminer une position commune en vue de la formation de la prochaine Commission européenne.

Une évolution sur le déficit et la dette va être demandée. Et pour y parvenir, Paris et Rome comptent s'épauler.

C’est l’Italie qui se montre la plus ouvertement déterminée. Son chef du gouvernement recourt à une menace que n'oserait plus la France. "Le prochain président de la commission européenne, devra changer de politique ou alors il n'aura pas le soutien de l’Italie", déclare Matteo Renzi.

Les Italiens se montrent d'autant plus à l'aise pour hausser le ton qu'ils considèrent tenir leurs comptes. Le ministre des finances Pier Carlo Padoan insiste sur le fait que la limite des 3% de déficit est respectée, ce dont ne peut se prévaloir son homologue français. Pour autant, l’Italie ne parvient pas à juguler son endettement, dès lors que son PIB continue de se contracter.

De nombreux soutiens

Aussi, pour desserrer cet étau, tous les soutiens sont les bienvenus: soutien des autorités françaises, qui apprécieraient que certains investissements dans la transition énergétique, les infrastructures numériques voire dans l'effort militaire, soient sortis du déficit. Soutien de certains Allemands aussi avec celui du ministre social-démocrate de l'économie: Sigmar Gabriel a plaidé pour que les coûts occasionnés par les réformes soient exclus du calcul du déficit.

Ce qui lui a valu un rappel à l'ordre par la chancelière Angela Merkel. Et c'est là qu'intervient en contrepoint la figure tutélaire du modèle allemand. Dans une tribune publiée ce matin, l'ancien chancelier Gerhard Schröder considère qu'il est dans l'intérêt de son pays de se montrer plus flexible sur l'austérité. Il écrit ainsi ce qu'aimeraient tant pouvoir dire François Hollande ou Manuel Valls: "il n'aurait pas été possible de faire des milliards d'économies tout en mettant en œuvre des reformes controversées."

Benaouda Abdeddaïm