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Noyer (BCE): "pas très heureux" de la hausse de l'euro

Pour Christian Noyer, la hausse de l'euro peut peser sur l'inflation.

Pour Christian Noyer, la hausse de l'euro peut peser sur l'inflation. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'euro s'échange autour de 1,39 dollar ce lundi 10 mars. Pour Christian Noyer, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, cette progression va peser sur l'activité économique.

L'euro fort inquiète, en particulier Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne. Il s'est déclaré "pas très heureux" de la hausse de l'euro, ce lundi 10 mars sur Bloomberg TV. Selon lui, cette hausse pese sur l'activité économique et l'inflation.

Lundi matin, l'euro s'échangeait contre près de 1,39 dollar mais il baissait vers 1,3875 après les propos du gouverneur de la Banque de France.

"Forces permanentes et profondes"

Selon lui, la zone euro n'est pas actuellement en déflation, cette "spirale pernicieuse" de baisse des prix qui paralyse la consommation et l'investissement, et les anticipation d'évolution de l'inflation restent fermement ancrées en territoire positif.

Mais l'objectif d'inflation de la BCE a pour objet de protéger les économies de chocs négatifs qui pourraient pousser l'inflation à la baisse et l'absence de cette protection rend aujourd'hui la zone euro vulnérable. La stabilité des prix dans les grandes économies est menacée par la faiblesse de l'inflation. Il estime qu'il existe aujourd'hui des "forces permanentes et profondes" poussant l'inflation à la baisse dans la zone euro comme dans l'économie globale.

Dans ce contexte, la BCE a indiqué clairement qu'elle entendait maintenir ses taux aux niveaux bas actuels, voire plus bas si nécessaires, pour une période prolongée.

Le recours à un tel pilotage des anticipations est un nouvel outil utilisé par les banques centrales et Christian Noyer a estimé qu'il était peu probable qu'elles en reviennent à se reposer seulement sur l'instrument des taux d'intérêt à court terme.

Mais même si les banques centrales disposent aujourd'hui de plus de leviers que par le passé, le gouverneur de la Banque de France a déclaré qu'il y avait des limites aux capacités de la politique monétaire. "Plus les taux d'intérêt restent à un niveau bas, plus le risque pour la stabilité financière est important", a-t-il dit.

D. L. avec Reuters