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Nicolas Sarkozy nie toute austérité, l'emploi reste sa priorité

Devant les partenaires sociaux réunis à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a promis de consacrer à la défense de l'emploi "tous les moyens nécessaires", sans convaincre les syndicats inquiets des mesures de lutte contre les déficits du gouvernement. /Photo prise l

Devant les partenaires sociaux réunis à l'Elysée, Nicolas Sarkozy a promis de consacrer à la défense de l'emploi "tous les moyens nécessaires", sans convaincre les syndicats inquiets des mesures de lutte contre les déficits du gouvernement. /Photo prise l - -

par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry PARIS - Nicolas Sarkozy a promis de consacrer à la défense de l'emploi "tous les moyens nécessaires", sans...

par Yann Le Guernigou et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a promis de consacrer à la défense de l'emploi "tous les moyens nécessaires", sans convaincre les syndicats inquiets des mesures de lutte contre les déficits du gouvernement.

Invoquant le retour de la croissance depuis le dernier trimestre 2009, le chef de l'Etat a annoncé en outre l'arrêt d'une des mesures de soutien à l'emploi les plus coûteuses, l'exonération des charges pour les embauches dans les entreprises de moins de dix salariés (TPE).

D'autres mesures de soutien au pouvoir d'achat adoptées en 2009 pour les plus modestes, comme la baisse de l'impôt sur le revenu ou une prime exceptionnelle pour les chômeurs, ne sont pas non plus reconduites.

Evoquant les mesures dévoilées récemment par son Premier ministre François Fillon - gel des dépenses de l'Etat sur trois ans, baisse de 10% de ses dépenses de fonctionnement et cinq milliards d'euros d'économies sur les niches fiscales -, Nicolas Sarkozy a assuré que la France ne se lançait pas dans une politique d'austérité.

Si l'Etat, face à la crise, a augmenté ses dépenses sans chercher à compenser ses pertes de recettes, "avec la reprise, il est tout aussi normal de redresser nos finances publiques", a-t-il fait valoir.

"Aujourd'hui, l'emploi demeure notre priorité et nous ne devons pas baisser la garde", a-t-il ajouté, en soulignant qu'il entendait continuer à y consacrer "tous les moyens nécessaires".

Il s'exprimait devant les partenaires sociaux réunis pendant près de trois heures à l'Elysée pour faire le bilan des mesures de lutte contre la crise et pour l'emploi mises en oeuvre depuis début 2009.

Cette réunion se tenait avant une nouvelle journée d'action des syndicats, la deuxième cette année, prévue le 27 mai sur le thème de la défense des retraites face aux projets de réforme du gouvernement. Force Ouvrière, qui fait cavalier seul, a choisi d'appeler à une grève nationale le 15 juin sur le même thème.

Bien qu'elle ne figure pas à l'ordre du jour, le président de la République a évoqué la réforme des retraites, le principal chantier social de 2010, en déclarant qu'il la voulait "juste" et que les hauts revenus et les revenus du capital seraient mis à contribution.

DOCUMENT SURRÉALISTE

Dans un document remis aux participants à la réunion en fin de semaine passée, l'Elysée a chiffré à 5,2 milliards d'euros les sommes engagées depuis début 2009 pour la défense de l'emploi, dont 4,6 milliards par l'Etat, ce qui a permis "d'apporter des solutions à 2,7 millions de salariés".

Parmi celles-ci, les contrats de formation en alternance pour les jeunes ou les aides au chômage partiel, financées via le Fonds d'investissement social, seront prorogées.

Mais l'exonération sur un an des charges patronales pour les embauches dans les TPE, qui a profité à un million de personnes pour un coût de près de 800 millions d'euros pour les finances de l'Etat, n'ira pas au-delà du 30 juin.

Si sa reconduction était réclamée par les PME, les syndicats critiquaient "l'effet d'aubaine" qu'a créé cette mesure pour les employeurs. Nicolas Sarkozy n'a pas exclu que des dispositions du même type voient le jour à destination de "publics spécifiques", notamment pour soutenir l'emploi chez les seniors.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a critiqué le "côté surréaliste" du document bilan présenté par l'Elysée, déclarant qu'il faisait "preuve d'un optimisme sur la situation que nous ne partageons pas".

"Ce bilan tient à la bonne tenue de la consommation des ménages en France. La question posée est de savoir si l'on veut qu'elle s'effondre en annonçant comme vient de le faire le Premier ministre des années de rigueur", a-t-il dit.

Le numéro un de la CFDT, François Chérèque, a déploré les "annonces contradictoires du gouvernement" qui fait valoir d'un côté que la France s'est mieux sortie de la crise que ses partenaires européens grâce à ses amortisseurs sociaux et invoque de l'autre "l'urgence du gel des dépenses".

"Alors que les besoins d'accompagnement de nos concitoyens les plus fragilisés par la crise sont cruciaux, le flou laissé sur les mesures sociales n'est pas de nature à nous rassurer", a-t-il déclaré.

édité par Yves Clarisse