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Mounir Mahjoubi, butineur du numérique, devient patron de la French Tech

A 34 ans, Mounir Mahjoubi devient secrétaire d'État au numérique sous la tutelle de Bruno Lemaire, ministre de l'économie.

A 34 ans, Mounir Mahjoubi devient secrétaire d'État au numérique sous la tutelle de Bruno Lemaire, ministre de l'économie. - Bertrand Guay - AFP

Mounir Mahjoubi est le co-fondateur de La ruche qui dit oui. Ce patron de start-up, engagé à gauche depuis ses 18 ans, vient d'être nommé Secrétaire d'État en charge du numérique.

Quand on demande à Siri qui est Mounir Majhoubi (33 ans) le système de reconnaissance vocale d’Apple sèche. Et pourtant, depuis son adolescence, le nouveau secrétaire d’État au numérique a usé ses culottes sur tous les réseaux. Dès ses 16 ans, il travaille à mi-temps chez Club Internet comme technicien réseau au centre d'appel pour payer ses études. Neuf ans plus tard, en 2009, il obtient un master en finance et stratégie à l’Institut d’études politiques de Paris.

Mounir Majhoubi s'est aussi impliqué assez jeune sur le plan politique. Dès ses 18 ans, en 2002, ce parisien entre au Parti socialiste et rejoint la "Ségosphère" en 2006. Six ans plus tard, il rejoint l’équipe numérique pour la campagne de François Hollande qui, quatre ans plus tard, le nomme la tête du CNNum (Conseil national du numérique) pour succéder à Benoit Thieulin. Il quitte cette fonction en janvier 2017 pour rejoindre l’équipe d’En Marche comme conseiller à la stratégie numérique.

D'une "Ruche qui dit Oui" à la défense de la French Tech

En parallèle ce ces activités politiques, Mounir Mahjoubi s'est également frotté à la création d'entreprise. En 2010, il fonde la start-up Equanum avec Guilhem Chéron et Marc-David Choukroun. Si ce nom est totalement méconnu du grand public, l’une de ses marques, "La Ruche qui dit Oui", s’est fait une bonne réputation dans le paysage numérique français. Ce système de distribution en circuit court entre agriculteurs/producteurs et consommateurs fait partie des belles réussites françaises.

Les dossiers qui l’attendent à Bercy, son ministère de tutelle, sont nombreux et plutôt sensibles. Protection des données personnelles, notamment celles liées à la santé, position dominante et optimisation fiscale des Gafa, la transformation numérique de l'administration, l'éradication des zones blanches, mais aussi il devra poursuivre le travail entamé par Fleur Pellerin et poursuivi par Axelle Lemaire en continuant de dynamiser la French Tech. Son arrivée est déjà saluée par les spécialistes du numérique. Pour Godefroy de Bentzmann, Président de Syntec Numérique, "Mounir Mahjoubi est un fin connaisseur de ces sujets, dont le talent sera précieux pour mettre en œuvre les mesures identifiées par Emmanuel Macron dans son programme pour réussir la transition numérique de la France".

En parallèle de ses missions gouvernementales, Mounir Majhoubi s’est lancé dans son premier défi électoral. Début avril, il a été investi aux législatives, sous l'étiquette La République en marche, dans la 16e circonscription de Paris, qui englobe tout XIXe arrondissement, face à Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco