BFM Business

Moscovici: la France ne veut pas "plus d'austérité que nécessaire"

Pierre Moscovici assure toutefois que le sérieux budgétaire est maintenu

Pierre Moscovici assure toutefois que le sérieux budgétaire est maintenu - -

Le ministre de l'Economie a déclaré, ce mardi 7 mai, devant son homologue allemand Wolfgang Schäuble, que la France maintenait le sérieux budgétaire sans augmenter la dose d'austérité. Ce alors que des voix s'élèvent pour réclamer des réformes structurelles de la part de Paris.

L'un est premier du classement des meilleurs ministres des Finances en Europe du Financial Times, l'autre seulement seizième. Mais, ce mardi 7 mai, le bon élève allemand, Wolfgang Schäuble et le moins bon, Pierre Moscovici, ont essayé d'afficher leur union lors d'une conférence commune à Berlin. Et ce, malgré les différences et les différends qui séparent leurs gouvernements et leurs partis politiques.

Pierre Moscovici a ainsi réaffirmé l'engagement de la France à tenir "le sérieux budgétaire" cher à l'Allemagne. Le locataire de Bercy a néanmoins été clair:"nous ne voulons pas de surajustement pour notre pays, nous ne voulons pas faire des plans d'austérité qui vont plus loin que le nécessaire".

De son côté, alors que le délai accordé par Bruxelles à la France pour réduire les déficits fait grincer des dents outre-Rhin, le ministre allemand a estimé que la Commission européenne avait donné "une réponse adaptée". Il a ensuite ajouté "faire confiance à la Commission et à la France".

Cap sur les réformes structurelles

Wolfgang Schäuble continue ainsi de faire preuve de compréhension vis-à-vis de l'Hexagone. Dans une interview donnée aux Echos et publiée lundi 6 mai, il avait déjà défendu le délai donné par Bruxelles à l'Hexagone.

Mais il avait avertit Paris: "la Commission de Bruxelles a aussi dit que tout report des objectifs de réduction des déficits devrait s'accompagner d'engagements clairs concernant les réformes nécessaires".

La Commission européenne a d'ailleurs, encore ce mardi, exhorté la France a poursuivre dans cette voie. Olli Rehn, commissaire européen en charge des affaires économiques, a ainsi souligné, lors d'un débat à Bruxelles sur l'approfondissement de l'union économique et monétaire, les efforts accomplis par la France pour réduire son déficit. Mais il a également pointé la perte de compétitivité enregistrée par l'Hexagone au cours des dix dernières années.

C'est pourquoi la France doit faire des "réformes structurelles d'une importance au moins aussi grande" que ses efforts budgétaires.

Ne "pas réduire la performance de l'Allemagne"

"Je fais confiance au gouvernement français pour mener des réformes structurelles de grande ampleur. C'est important pour la France elle-même, pour les Français, pour que la France puisse débloquer son potentiel de croissance pour créer des emplois", a-t-il insisté.

Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France, y est également allé de son mot. Présent à Berlin ce mardi avec Wolfgang Schäuble et Pierre Moscovici, il a estimé que les efforts en zone euro ne doivent pas revenir "à réduire la performance et la capacité de l'Allemagne à l'exportation", mais à "augmenter la performance globale de la zone euro vis-à-vis de l'ensemble du monde". Ce qui "suppose certainement un certain nombre de réformes de compétitivité dans l'ensemble des pays".

"L'objectif, c'est que l'Europe entière soit compétitive" a affirmé en écho, son homologue à la Banque centrale allemande, Jens Weidmann, à Berlin toujours.

Julien Marion avec AFP