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Vers une arrestation de Carlos Ghosn au Japon?

Le patron de Nissan et de Renault est suspecté de ne pas avoir déclaré la totalité de ses revenus dans des documents financiers. Nissan dit que son dirigeant a commis plusieurs erreurs graves et propose son départ.

C'est un véritable coup de tonnerre. Carlos Ghosn vient d'être arrêté à Tokyo pour violation présumée de la réglementation boursière locale, a rapporté la chaîne de télévision publique NHK. Le dirigeant franco-libano-brésilien, qui est également PDG du français Renault, est suspecté d'avoir sous-évalué sa propre rémunération de cinq milliard de yens (38,8 millions d'euros) depuis 2011 dans des rapports financiers, alors qu'il en perçoit près de dix milliards de yens (78 millions d'euros). 

"Le parquet de Tokyo a demandé lundi soir" au dirigeant de 64 ans "de se rendre volontairement dans ses locaux pour des soupçons de violation de la loi. Il est soupçonné de ne pas avoir déclaré la totalité de ses revenus", affirme le journal, citant des sources proches de l'enquête. "Il est interrogé et sera arrêté une fois que les accusations seront confirmées", selon la même source. Selon la chaîne de télévision publique NHK, le siège de Nissan à Yokohama, près de Tokyo, a été perquisitionné dans la soirée

L'action Nissan plonge

Nissan a assuré coopérer pleinement avec la justice au Japon. Le groupe indique que l'enquête porte sur de possibles pratiques inappropriées de part de Carlos Ghosn mais aussi du directeur délégué Greg Kelly. Cela porte sur la dissimulation de revenus durant plusieurs années. En outre, de nombreuses autres malversations ont été découvertes, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles", ajoute le groupe. Le groupe va proposer au conseil d'administration de le "démettre de son poste rapidement".

Carlos Ghosn, qui est arrivé à Tokyo au printemps 1999 pour redresser Nissan, tout juste uni au français Renault, a passé le relais en avril 2017 à son dauphin, Hiroto Saikawa, tout en restant à la tête du conseil d'administration. En tant que PDG de Nissan, il avait touché pour la période d'avril 2016 à mars 2017 quasiment 1,1 milliard de yens (8,8 millions d'euros au cours de l'époque). Il dirige aussi le conseil d'administration du constructeur Mitsubishi Motors, qu'il a sauvé de la débâcle fin 2016 en prenant une participation de 34% dans le groupe.

Le groupe automobile va convoquer les médias à 21H00 locales (12H00 GMT) à son siège de Yokohama, en banlieue de Tokyo, a indiqué un porte-parole à l'AFP. Les détails de la conférence n'ont pas encore été fixés.

Conséquence: l'action Renault plonge à l'ouverture, atteignant même un plus bas depuis septembre 2015.

Y.D. avec agences