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Pourquoi les billets de zéro euro se multiplient

En Allemagne, un nouveau billet n’ayant aucune valeur faciale va voir le jour, pour célébrer l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. Une pratique répandue, qui trouve son origine en France.

Non, les billets de zéro euro n’ont pas été inventés pour faire baisser le sentiment de précarité en Europe, comme l’on pourrait cyniquement le faire croire. En revanche, leur multiplication depuis trois ans témoigne d’un réel engouement, notamment en Allemagne, où les collectionneurs raffolent de ces "petites coupures".

Le phénomène prend sa source en France où Richard Faille, un entrepreneur auvergnat, décide d’imprimer les premiers billets sur lesquels figurent de grands monuments français, comme le Mont Saint-Michel ou l’Arc de Triomphe.

Ce chef d’entreprise n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, puisqu’il s’était auparavant spécialisé dans la production de médailles souvenir, en partenariat avec la Monnaie de Paris. Il s’est ensuite tourné vers l’impression de "faux" billets – en toute légalité.

Avec la bénédiction de la BCE

Bien que n’ayant aucune valeur faciale, ces coupures vendues au prix de deux euros séduisent immédiatement les collectionneurs et touristes, et l’idée s’exporte rapidement. En Allemagne, les billets de zéro euro sont ainsi particulièrement populaires. La cathédrale de Cologne ou le château de Berlin, possèdent par exemple un exemplaire dédié.

Les billets sont imprimés avec les mêmes caractéristiques que les vraies coupures, par une entreprise locale ayant reçu la bénédiction (ou plutôt l’homologation) de la Banque centrale européenne. Filigrane, hologrammes, numéro de sécurité individuel…la ressemblance est frappante. Seule différence : le papier utilisé n’est pas celui des vrais billets, ce qui permet aux coupures de zéro euro de ne pas être détectés par les machines automatiques comme étant un moyen de paiement.

Jusqu'à 10 fois leur valeur de départ

L’impossibilité de faire ses achats avec les billets de zéro euro ne veut pas dire que ceux-ci n’ont aucune valeur. Chaque collection comporte quelques milliers d’exemplaires, et certains collectionneurs n’hésitent pas à faire monter les enchères pour se procurer tel ou tel modèle.

Ainsi, à l’heure où cet article était en cours d’écriture, un billet de zéro euro du zoo de Duisbourg (représentant un tigre, une girafe et un koala), était disponible sur le site d’enchères eBay pour 24,90 euros. Un autre, à l’effigie de Karl Marx, était disponible pour 13,90 euros.

En 2019, un nouveau billet de zéro euro sera imprimé pour l’anniversaire de la chute du mur de Berlin. Déjà disponible en précommande pour 5 euros, il pourrait ainsi voir sa valeur multipliée dans quelques années.

Y.D.