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Medef : les candidats passent leur premier oral

Les candidats à la présidence du Medef veulent abolir les 35 heures

Les candidats à la présidence du Medef veulent abolir les 35 heures - -

Les 5 candidats à la présidence du Medef étaient invités à présenter leur programme, hier mardi 14 mai. Cette première discussion a tourné essentiellement autour de la durée du travail et des 35 heures.

La campagne au Medef suit son cours. Et hier, mardi 14 mai, pour la première fois, les cinq candidats à la sucession de Laurence Parisot étaient invités à présenter leur programme, à l'initiative du think tank Ethic. Une prise de parole dans les salons du très select Cercle de l'Union Interalliée.

D'autres rencontres de ce type seront organisées dans les semaines qui viennent, en région. Lors de ce premier tour de chauffe, les organisateurs avaient décidé de mettre sur le tapis les 35 heures, étrangement absentes des professions de foi des candidats. Résultat unanime : il faut les abolir.

Ils avaient tous évoqué plus ou moins franchement le sujet, mais cette fois, fini le tabou. Tous les candidats à la présidence du Medef veulent mettre fin aux 35 heures. Le temps n'est plus aux précautions.

Au-delà des 35 heures, c'est le principe même d'une durée légale du temps de travail que tous veulent remettre en question.

Dans la droite ligne de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, ils veulent donner aux entreprises la possibilité d'adapter le temps de travail de leurs salariés selon leurs secteurs et leur activité.

Moduler son temps de travail

Pour eux, le temps de travail doit se négocier dans les branches. C'est l'option défendue par Thibault Lanxade, voire même directement dans les entreprises.

Geoffroy Roux de Bézieux explique qu'il faut laisser chaque société moduler son temps de travail. Sur BFM Business ce mercredi 15 mai, il insiste: "la richesse d'un pays, c'est quand même le nombre de gens qui travaillent multiplié par le temps qu'ils travaillent. Mais il ne faut pas défaire les 35 heures de la même manière qu'on les a faites à la française, avec une loi qui impose la même chose à tout le monde". Il a rappelé qu'il existait déjà "une disposition extrêmement moderne qui dit qu'en cas de difficultés dans les entreprises les partenaires sociaux peuvent moduler le temps de travail, les salaires".

"Il suffit d'étendre cette disposition et de la mettre dans la vie normale de l'entreprise", a-t-il proposé. "Pour moi, c'est cela la bonne piste, c'est de dire qu'avec un accord majoritaire, avec un cadre conventionnel, on peut évidemment négocier le temps de travail".

Pierre Gattaz, de son côté, n'a jamais laissé planer de mystère sur la question. Pour lui, les 35 heures font partie de ces dogmes qu'il faut revoir avec les partenaires sociaux et le mieux, c'est de le faire dans l'entreprise.

Même Patrick Bernasconi, l'homme des grandes négociations paritaires, veut rendre le temps de travail conventionnel dans l'entreprise. "Moins on passera par la loi, mieux ce sera, dit-il. Et je sais de quoi je parle"!

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Isabelle Gollentz