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Marine Le Pen veut "renationaliser la dette française"

Marine Le Pen n'exclut pas de nationaliser une grande banque

Marine Le Pen n'exclut pas de nationaliser une grande banque - Frederick Florin - AFP

S'exprimant devant des journalistes, la candidate frontiste a souhaité réduire la part de la dette tricolore détenue par des investisseurs étrangers. Elle n'exclut pas de nationaliser un établissement bancaire.

Marine Le Pen a dévoilé un peu plus ses intentions en cas d'accession à l'Élysée. Lors d'une "conférence présidentielle" à Paris sur l'économie ce jeudi 2 mars, elle a proposé "d'engager la renationalisation de la dette".

Cela se fera "en rétablissant d'abord notre balance des paiements afin de ne plus dépendre du reste du monde", a affirmé Marine Le Pen.

"La dette française a été placée à plus de 65% hors de France", une "sujétion aux ordres des fonds d'investissement internationaux que rien ne justifie" a dénoncé la présidente du Front national.

Possible de nationaliser une banque

"S'il le faut, en cas de crise grave, l'État pourra devenir, même transitoirement, propriétaire d'un établissement bancaire", a-t-elle aussi promis.

Dans son discours de 45 minutes consacré à sa ligne économique, un des sujets les plus débattus au sein de son parti ces cinq dernières années, elle a rappelé clairement son souhait de sortir de l'euro, euphémisé dans ses 144 engagements présidentiels par l'expression "rétablissement d'une monnaie nationale".

Cette proposition frontiste phare rebute une bonne partie des Français mais aussi de son électorat. "L'euro n'est plus qu'un cadavre qui bouge encore. La question n'est plus de savoir si on va sortir de l'euro mais quand et dans quelles conditions", a-t-elle dit, un discours déjà tenu pendant la présidentielle 2012.

"Une économie au service de l'homme"

Elle a prôné une "économie au service de l'homme", "réaliste", face à "l'hyperfinance mondialisée" ou à "l'expression avide et brutale des intérêts privés".

"Le moment pour en finir avec l'économie sans territoire, sans visage, est exceptionnellement favorable. De l'Amérique de Donald Trump à l'Inde de Narendra Modi, de la Chine de Xi Jinping au Royaume-Uni de Theresa May, le patriotisme économique l'emporte", a assuré Marine Le Pen.

"Partout, l'État reprend ses fonctions essentielles d'incitateur, de garant, d'arbitre" a-t-elle souligné, vantant "l'État stratège".

Marine Le Pen, qui a dévoilé début février son programme et un chiffrage sommaire, a redit que "ceux qui pensent de manière comptable se trompent".

"Oui, la maîtrise des comptes publics est vitale, la réduction des déficits publics est un objectif majeur (...) oui l'endettement public peut être un piège, oui financer des dépenses courantes à crédit est une pente redoutable", a-t-elle reconnu, des thématiques à peine abordées dans ses 144 engagements présidentiels.

"Nous pouvons le faire", a-t-elle répété à plusieurs reprises.

J.M. avec AFP