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Macron entend "les doutes et les incertitudes" sur le Ceta

Emmanuel Macron veut "changer la mondialisation"

Emmanuel Macron veut "changer la mondialisation" - Geoffroy Van der Hasselt - AFP

S'il est élu, le leader d'En Marche! compte installer une commission de scientifiques pour évaluer les conséquences de l'accord de libre-échange passé entre l'Europe et le Canada.

Emmanuel Macron n'exclut pas de modifier le Ceta. Le leader d'En Marche! veut ainsi "une commission de scientifiques" pour évaluer les conséquences de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada et "faire modifier le texte" si besoin, affirmant vouloir "changer la mondialisation", notamment parce qu'elle détruit "l'environnement".

"Je l'ai défendu (l'accord, ndlr) par esprit de cohérence", a d'abord affirmé le candidat d'En Marche lors d'un meeting à Paris. Mais "j'entends les doutes et les incertitudes", donc "je nommerai une commission d'experts, de scientifiques irréprochables, dénués de tout lien avec les lobbies, comme les industriels, pour dire ce qu'il en est exactement des conséquences environnementales, sur la santé, de cet accord".

Cet accord "a été conçu à l'écart du processus démocratique", a concédé Emmanuel Macron, qui recevra "dans les trois mois" suivant son élection la commission, en "tirera toutes les conclusions" et les portera "pour faire modifier ce texte" afin "que la vérité scientifique puisse être défendue". 

"Je veux que nous changions cette mondialisation"

"J'entends aussi la crainte, les doutes de celles et ceux qui veulent que nous allions plus loin pour réguler cette mondialisation devenue intenable, les injustices du cours du monde qui détruit l'environnement, la cohérence de notre société", a-t-il déclaré. 

"Beaucoup peuvent avoir l'image de moi de quelqu'un qui aime une société dérégulée, une société un peu folle, oui qui détruirait l'environnement", a-t-il dit. 

"Je veux que nous changions cette mondialisation, je ne veux pas la rejeter cela n'aurait pas de sens, nous y sommes, je ne veux pas nous en couper, mais je veux qu'ensemble nous puissions construire notre indépendance dans cette coexistence (....)", a ajouté Emmanuel Macron.

Un échange avec Nicolas Hulot

"Je veux qu'on puisse défendre pour nos enfants notre environnement acquis et futur dans cette mondialisation capitaliste qui, parfois, le détruit", a-t-il encore expliqué, ajoutant qu'il allait poursuivre le travail de "Ségolène" (Royal, NDLR) en matière de transition énergétique et environnementale.

Il a aussi assuré qu'il donnerait aux associations et aux ONG "leur juste place" et "une place dans la vie politique" lors de son quinquennat.

Emmanuel Macron a évoqué ainsi "la transformation" du Conseil économique, social et environnemental (Cese) en une "chambre du futur" où les "associations, les ONG, les forces citoyennes seront représentées" citant alors un projet porté par l'écologiste Nicolas Hulot.

Selon une source de l'entourage d'Emmanuel Macron, les deux hommes ont échangé par téléphone dimanche.

J.M. avec AFP