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Logement: "nous sommes un des pays qui dépensent le plus avec une efficacité pas exceptionnelle"

Michel Sapin veut des économies en matière de politique de logement.

Michel Sapin veut des économies en matière de politique de logement. - Alberto Pizzoli - AFP

Michel Sapin, ministre des Finances, veut réaliser des économies "conséquentes" en matière de politique du logement.

Le débat sur les APL se poursuit. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a affirmé lundi 11 mai, lors d'une conférence de presse, qu'il y aurait des économies "conséquentes" en matière de politique du logement en France.

"Nous sommes un des pays qui dépensent le plus (en matière d'aide au logement et à l'immobilier) avec une efficacité pas exceptionnelle, et je suis plutôt dans l'euphémisme", a-t-il déclaré.

La France a prévu "des sommes conséquentes d'économie" au cours des prochaines années en matière de politique du logement, a dit Michel Sapin. Le ministre a toutefois souligné qu'il fallait "faire extrêmement attention", à la fois en raison du poids économique du secteur de la construction, et de l'aspect social "absolument considérable" de la politique du logement.

Le ministre des Finances a dit "s'interroger" en particulier sur le dispositif des aides personnalisées au logement (APL)", sur lesquelles un groupe de travail parlementaire planche depuis le mois de février, afin de dégager des pistes de réforme.

APL: "une matière délicate"

"Est-ce que c'est un dispositif suffisamment juste et efficace?", a-t-il demandé à propos de ces aides, accusées de faire grimper les loyers dans les zones immobilières tendues. Michel Sapin a toutefois reconnu que les APL constituaient "une matière délicate", laissant entendre que la question était moins de régionaliser les aides, ou de revoir les plafonds de revenus, que d'examiner "les situations personnelles".

"Il y a des questions aussi du côté de l'efficacité des modalités de financement des organismes bailleurs sociaux", a-t-il souligné. Un récent rapport émanant de trois administrations, le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l'Inspection générale des finances (IGF), a fait des propositions-chocs, comme de mettre fin au rattachement au foyer fiscal des étudiants percevant une aide au logement.

En 2013, quelque 17,4 milliards d'euros ont été versés par l'Etat sous forme d'aides au logement (APL, ALF et ALS) à 6,5 millions de ménages, pour un montant moyen de 225 euros mensuels, selon les derniers chiffres du ministère des Affaires sociales.

D. L. avec AFP