BFM Business

Les gilets jaunes auront bien un impact négatif sur l'économie

-

- - AFP

La Banque de France abaisse ses prévisions de croissance pour 2018 et 2019. En revanche, elle reste optimiste sur le chômage qui continuera à baisser.

La Banque de France a revu une nouvelle fois à la baisse ses prévisions de croissance pour l'économie française. Elle s'attend à un fléchissement en fin d'année en lien avec le mouvement des gilets jaunes.

La banque centrale française table dorénavant sur une progression du produit intérieur brut (PIB) de 1,5% en 2018 comme en 2019, soit dans les deux cas 0,1 point de moins que dans ses précédentes estimations, indique-t-elle dans ses prévisions trimestrielles publiées jeudi,

Ces chiffres tiennent notamment compte des conséquences économiques de la crise des gilets jaunes, qui ont déjà conduit la Banque de France à abaisser ses prévisions de croissance du quatrième trimestre, à 0,2% contre 0,4% auparavant.

"Les conséquences économiques seront significatives", observe le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, dans Les Echos, en précisant cependant que ces nouvelles prévisions intègrent également "un petit rebond possible de l'activité début 2019".

En revanche, elles n'incluent pas "l'effet des mesures annoncées ces derniers jours" par l'exécutif. Du fait de leur impact sur le pouvoir d'achat des ménages, elles pourraient par exemple susciter un surplus de consommation "en hausse significative", ajoute-t-il.

Au total, les concessions consenties par le gouvernement - abandon de la taxe carbone, gestes sur la CSG, le smic et les heures supplémentaires - représentent un montant de dix milliards d'euros.

"Globalement toutefois, plus le mouvement dure, plus il s'agira d'une perte nette pour l'économie française", prévient par ailleurs François Villeroy de Galhau dans le quotidien économique.

Chômage en baisse et pouvoir d'achat en hausse

Au-delà de ces incertitudes, la Banque de France voit la croissance française adopter un rythme relativement régulier dans les prochaines années: 1,5% en 2018 et 2019, puis 1,6% en 2020 et 1,4% en 2021, après une année 2017 exceptionnelle, marquée par une progression de 2,3% du PIB.

"La croissance française devrait rester supérieure à la moyenne de ces dernières années: cela demeure une conjoncture plutôt favorable", note François Villeroy de Galhau. A ce rythme, la France devrait rattraper son retard par rapport au reste de la zone euro et continuer de voir son taux de chômage refluer progressivement, de 9,1% en moyenne sur 2018 à 8,9% en 2019, pour atteindre 8,2% en 2021.

Concernant l'inflation harmonisée selon les normes européennes (IPCH), la Banque de France s'attend à la voir refluer à 1,6% l'an prochain, contre 2,1% cette année, principalement sous l'effet du pic de cet été notamment lié à la forte augmentation des prix de l'énergie, ainsi qu'aux hausses des taxes sur le tabac et l'énergie.

La Banque de France avait déjà révisé ses prévisions à la baisse en juin au vu du trou d'air de la croissance en début d'année et elle avait procédé à un nouvel ajustement à la baisse en septembre, sur fond d'incertitudes croissantes à l'échelle internationale.

Enfin, le pouvoir d'achat par habitant, soutenu au quatrième trimestre par la baisse de la taxe d'habitation et des cotisations sociales, progresserait de 1% en 2018, selon la Banque de France. Elle anticipe ensuite une hausse de 1,3% en 2019, permettant à la consommation des ménages de rester "robuste", selon des calculs effectués avant les récentes annonces de prime de 100 euros pour les salariés payés au Smic et de défiscalisation des heures supplémentaires.

Avec AFP

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco