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Les (bonnes) prévisions économiques de la Commission européenne

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La Commission européenne vient de sortir son analyse de début d’année sur la situation économique de l’Europe. L’heure est à l’amélioration générale.

Plusieurs indicateurs sont là en effet pour montrer que la situation économique de l’Europe s’améliore. La croissance devrait être de 1,5% dans l’Union en 2014 et de 1,2% en zone euro. La France est plutôt à la traîne avec 1% en 2014.

Résultat les déficits publics vont rester élevés ainsi que le chômage. Cela tient à la logique du cycle économique. Normalement, 5 ans après une récession, la machine économique reprend le chemin de la croissance notamment du fait de la reprise de l’investissement.

C’est ce que l’on constate en ce moment. La récession a eu lieu en 2009. La croissance en 2014 sera de 1,5% et 2% en 2015. Et la zone euro elle-même semble sortie de ses difficultés immédiates avec une croissance en 2014 de 1,2%.

Dans ce paysage, la France fait un peu figure d’économie malade. Seule la Hongrie paraît dans une situation plus défavorable en termes de croissance alors même que la France continue à bénéficier d’un niveau de taux d’intérêt bas ce qui favorise normalement les investissements.

Or, le problème de la France est justement que le niveau d’investissement a du mal à se relever. Les marges des entreprises sont toujours très détériorées, les annonces de baisse des charges n’en étant encore qu’au stade des annonces. Et l’absence de lisibilité à long terme de l’action publique n’incite pas à investir.

Quelles conséquences cela va-t-il avoir ?

Il y en a 2 évidentes et immédiates : le calendrier de réduction du déficit public ne sera pas tenu. Officiellement, le déficit devrait être de 3,6% en 2014 et 2,8% en 2015. La commission avance que cette année le déficit sera probablement supérieur à 4%.

Quant au chômage, la courbe ne va certainement pas s’inverser. Le taux de chômage restera de l’ordre de 11%, quand il ne cesse de baisser en Allemagne et au Royaume-Uni.

Que faire ?

La commission le souligne, un des problèmes de l’économie française est une ambiance générale de défiance notamment vis-à-vis des décisions du gouvernement. La perte de de crédibilité joue sur les investisseurs ; elle joue aussi sur nos rapports avec nos partenaires et sur la valeur de nos engagements. La commission le souligne là encore : le gouvernement avait pris l’engagement de consacrer la réduction des dépenses publiques à la réduction du déficit. Et maintenant, il annonce qu’il va utiliser 30 Mds € pour le pacte de responsabilité.

Nous sommes trop prêts des élections européennes pour que quoi que ce soit intervienne mais il est certain qu’à l’été il faudra avoir clarifié la situation.

Ce qu’il faut faire donc, c’est mener une politique cohérente et à long terme et axer cette cohérence sur le redressement du profit des entreprises.

Jean-Marc Daniel