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Le revenu universel anime le premier débat de la primaire à gauche

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Le projet de revenu de base, notamment porté par Benoît Hamon, a divisé les candidats à la primaire de la gauche, ce jeudi soir à l'occasion de leur premier débat télévisé.

Le sujet, très clivant au sein de la société française, n’aura pas manqué d’animer le premier débat de la primaire à gauche. La mise en place d’un revenu universel, défendue notamment par Benoît Hamon, avait notamment fait l’objet d’une réaction remarquée de Manuel Valls, qui avait refusé l’idée d’une "société de l’assistanat ou du farniente".

Sur TF1, ce jeudi, l’ancien ministre de l’Éducation lui a répondu. "La révolution numérique change radicalement notre rapport au travail. C’est une formidable opportunité mais qui aura des conséquences négatives sur l’emploi si nous ne la maîtrisons pas", a-t-il rappelé. Réfutant toute relation entre "solidarité" et "incitation à la paresse", Benoît Hamon a ensuite déploré le fait que "lorsque l'on a fondé la Sécurité sociale en 1945, on disait la même chose que ce que j’entends aujourd’hui à droite: 'c’est irréalisable' ". Et de conclure: "Nous parlons d’un revenu universel qui correspond au travail tel qu’il est, et pas tel qu’il fut".

"Le travail, c’est la dignité"

De son côté, Manuel Valls a tenu à calmer le jeu. "Je n’ai pas d’adversaire", a-t-il ainsi déclaré en préambule... avant de se montrer plus offensif: "Les politiques économiques et budgétaires ont besoin de continuité, de sérieux", a-t-il ainsi glissé. Avant de réaffirmer son opposition au projet : "Oui, je veux une société du travail. Le travail, c’est la dignité pour les salariés, les ouvriers, les fonctionnaires de ce pays".

Pour lutter contre le chômage, l’ancien Premier ministre a réitéré sa proposition de "fusionner les minimas sociaux", idée, a-t-il rappelé, "défendue par François Chérèque", l’ancien dirigeant de la CFDT décédé au début du mois. Avec l’avantage d’être "accessible aux 18-25 ans, mais toujours sous conditions de ressources, et avec un lien existant avec le travail".

"Il faut se préparer à monter en gamme"

Vincent Peillon, quant à lui, a également fustigé un projet basé "sur une idée fausse, celle que la modernité va détruire des emplois. Il y a des emplois qui se détruisent, d'autres qui se créent (...) Il faut se préparer à monter en gamme". Selon lui, il faut une stratégie de compétitivité française basée sur l'innovation, sur la connaissance, sur la recherche". 

Enfin, Arnaud Montebourg a lui aussi affirmé son opposition à la mise en place d'un tel dispositif, car "ce n'est pas en prenant 400 milliards pour le redistribuer à tous que l'on relancera l'économie". 

Y.D.