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Le revenu plus si universel de Benoît Hamon

Benoît Hamon a précisé que le coût de son RUE serait de 35 milliards d'euros par an

Benoît Hamon a précisé que le coût de son RUE serait de 35 milliards d'euros par an - Gabriel Bouys - AFP

Le candidat socialiste a livré de nouvelles explications sur son projet phare, jeudi dans un entretien au Monde puis sur France 2. Son revenu sera ainsi "de 600 euros quand on a rien" puis sera dégressif jusqu'à 1,9 SMIC.

Distancé dans les sondages, peu audible notamment en raison des affaires Fillon et Le Pen, Benoît Hamon tente d’apporter des précisions sur son projet de revenu universel. Le candidat socialiste a ainsi livré des détails, d'abord dans un entretien au Monde, puis dans l'Émission politique de France 2.

Évoquant une mise en place "par étapes", il indique dans le Monde que le RSA prendra le nom de revenu universel et sera revalorisé à 600 euros. Puis il évoque un "scénario qui permet d’étendre le bénéfice du RUE (revenu universel d'existence, NDLR) à tous les travailleurs, quel que soit leur statut, salarié ou indépendant, dès le 1er janvier 2018." 

Jusqu'à 1,9 Smic

Sur France 2, il a ensuite précisé son propos: il s'agit d'une première étape qui permettra à "à 80% (et non pas "tous les travailleurs") des salariés français, des travailleurs indépendants, des commerçants, artisans, de voir leur travail revalorisé par un gain net sur la feuille de paie". 

Au final, cette première étape du revenu universel concernera les 18-25 ans et l'ensemble des salariés", touchant "jusqu'à 1,9 Smic, a-t-il indiqué. Surtout, le montant du RUE sera "de 600 euros quand on n'a rien" et sera "dégressif pour ceux percevant un revenu "jusqu'à 1,9 Smic", a-t-il ajouté.

Ainsi, "la conséquence sur la feuille de paie", pour "un couple au Smic" sera de "386 euros" nets mensuels, a-t-il assuré. "Pour un étudiant qui travaillerait un jour sur cinq, le gain net sera de 500 euros" par mois, a-t-il poursuivi.

En choisissant de rendre son revenu universel dégressif, Benoît Hamon remet ainsi quelque peu en cause le caractère "universel" de ce revenu, et se rapproche plutôt du concept de "revenu d'existence garanti".

Un coût de 35 milliards d'euros... pour l'instant

Benoît Hamon a, par ailleurs, livré une indication sur le coût de la mesure. Selon lui, cette première étape coûtera "autour de 35 milliards d’euros" par an. Soit moins que le CICE (41 milliards d'euros par an) dont la suppression doit servir à financer cette première étape.

La seconde, qui actera la généralisation du dispositif et l’augmentation du montant versé de 600 à 750 euros, sera chiffrée après la tenue d’une "conférence citoyenne sociale". 

Cette conférence "peut discuter de l'élargissement de ceux qui seront les bénéficiaires. Doit venir demain l'étape qui permettra le versement du revenu universel aux retraités", a-t-il indiqué sur France 2.

En filigrane, Benoît Hamon semble toutefois indiquer que son revenu universel pourrait désormais être limité à certaines catégories et non plus concerner tous les Français, sans condition de ressources.

Un principe qu'avait déjà récemment remis en cause Julia Cagé, l’une des économistes de son équipe. “Ça n’aurait pas de sens de donner à Liliane Bettencourt 600 euros pour lui reprendre de l’autre main par une hausse d’impôts”, avait-elle ainsi affirmé lundi aux Échos.

Yann Duvert et Julien Marion