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Le Portugal sort de la crise politique mais continue d'inquiéter

Le bâtiment du Parlement portugais à Lisbonne.

Le bâtiment du Parlement portugais à Lisbonne. - -

L'accord annoncé samedi 6 juillet entre le Premier ministre portugais et son ministre des Affaires étrangères démissionnaire ne permet pas encore de faire sortir Lisbonne de la crise politique.

La balle est désormais dans le camp du président. Un accord a été scellé samedi 6 juillet entre le Premier ministre Pedro Passos Coelho et le président du petit parti conservateur, CDS-PP, Paulo Portas, également ministre des Affaires étrangères.

Sa démission, présentée mercredi, deux jours après celle du ministre des Finances Vitor Gaspar, considéré comme l'exécutant de l'austérité, ne tient donc plus. S'il avait été au bout de ces menaces, son retrait du gouvernement aurait fait voler en éclat la de centre-droit, au pouvoir depuis 2011.

Cette situation inquiétait les partenaires européens du Portugal, car l'instabilité politique aurait empêché le gouvernement de mener à bien les réformes promises à la troïka en échange de l'aide internationale à Lisbonne. Depuis 2011, le pays bénéficie d'un plan de sauvetage de 78 milliards d'euros.

Un eurogroupe avec le Portugal au menu

Paulo Portas restera finalement au gouvernement en tant que vice-Premier ministre. Il aura “la responsabilité de coordonner les politiques économiques et les relations avec les bailleurs de fonds du pays” sous perfusion d'aide internationale, la “troïka”.

Le Premier ministre portugais se voulait confiant samedi après cette annonce, assurant que "l’accord réunit les conditions politiques nécessaires pour assurer la stabilité jusqu‘à la fin de notre mandat et garantir le respect des engagements internationaux du Portugal".

Mais le président portugais, Anibal Cavaco Silva, doit encore valider les termes de l'accord. Ce qu'il ne fera pas avant lundi: il a prévu de consulter ce jour-là les chefs des différents partis politiques sur ce sujet. Or une réunion des ministres des Finances de la zone euro se tient justement lundi, avec la situation portugaise au menu.

En définitive, le doute continue de planer sur la solidité de l'accord et la pérennité de la coalition gouvernementale. Au Portugal, une récession de 2,3% est attendue pour 2013, et le chômage devrait atteindre le taux record de 18,2%.

Nina Godart